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Ce n’est peut être pas un hasard si l’ex Coral se présente dans le plus simple appareil sur la pochette de ce disque, assis dans la baignoire, stylo et carnet à la main, se retrouvant comme surpris par une photo impromptue. En effet le disque a été composé dans sa chambre d’adolescent dans la maison de sa maman.

Troisième album que ce « West Kirby County Primary », sorte de journal intime d’une adolescence révolue, mais toujours présente. Il traine sa voix avec à la fois de la nonchalance (Let’s Get Away From Here) et certainement parfois une forme de désinvolture. Elle semble se marier avec celle du regretté Mark Linkous, mais c’est plus du côté de chez Pavement, ou encore des Strokes (You Can’t Hide A Light With The Dark) qu’il faudra chercher les influences, assurément les marottes musicales. On l’imagine d’ailleurs composé dans cette chambre encore couverte des poster, ses photos du NME punaisées sur un papier peint usé par le soleil.

L’album s’écoule comme la voix de Bill, avec nonchalance, avec un rien de monotonie relative, car après plusieurs écoutes des reliefs s’imposent, une tendance à la mélancolie abrasive comme sur le magnifique « Satellites » morceau dantesque dans cet univers en définitive très proche de celui d’une chambre d’adolescent, quand en bas maman prépare le repas du soir, range les désordres intérieurs, et colmate les fêlures creusées par la jeunesse.

« West Kirby County Primary » est un disque tout aussi poignant (seabirds) qu’attendrissant (Tell Me You Don’t Love Me Watching pourrait sortir d’un des premiers albums de Ben Lee) un disque qui restera probablement un disque mineur, sauf qu’il traversa le temps, et vers le quel nous reviendrons avec plaisir et nostalgie, comme Bill a dû le faire dans sa chambre pour le résultat que l’on sait. Coup de cœur.




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