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Vous imaginez le bonheur quand on vous propose un tour dans les tropiques alors que l’hiver essaye de s’installer en Europe. Vous revendez les doudounes pour vous payer les derniers shorts à la mode, vous échangez vos chemises contre les t shirt les moins recouvrant, et vous faites hurler dans la queue de chez votre pharmacien alors que tout le monde vient pour du Fervex, vous, vous venez dévaliser la boutique de l’homme à la blouse blanche, prenant ce qui lui reste d’auto bronzant ou autre crème contre le soleil.

Certes il est aussi question d’équidé dans ce nom de groupe, mais ce doit être fun de traverser une plage de sable blanc sur le dos d’un cheval à la fougue ralentie par la beauté presque irréel du paysage.

Vous imaginez, et bien maintenant mettez le disque. Déjà il aurait fallu vous inquiéter du titre, en l’occurrence Mirador, le genre de titre à soit faire chialer les fans de Tarnation ou à donner des fourmis dans les guiboles des chasseurs. Ensuite retournez chez le pharmacien et échangez de trois tubes pour protéger votre épidermes contre une ou deux tubes d’antalgiques, histoire de soigner une tête qui ne va pas forcément gouter ce psychédélisme bruitiste qui ici fait la rencontre avec une électronique à la santé précaire, des drones faisant exploser les dernières défenses en cérumen des oreilles, des percussions ayant probablement connu le sable blanc, mais qui depuis se seraient fait laminer dans la soute à bagage les amenant jusqu’ici.

Mais ce disque c’est une forme de syndrome de Stockholm musical. Franchement vous vomissez deux minutes le fait de ne pas croiser les jambes brunes de vahinés sur un cheval blanc ivoire, et puis vous vous surprenez à trouver dans ces chansons malades et cabossées des liens mélodiques, des aspérités piquantes mais heureuses. Vous vous embourbez même dans des passages marécageux, transformé en R2D2 plongeant la tête la première dans les boues sur la planète humide de maitre Yoda. "Mirador" est un disque qui nous pousse vers l’épuisement sans nous asphyxier, une suite de test auditif, comme si Primal Scream reprenait le Blues For Ceauşescu du Fatima Mansions sur la totalité d’un album. C’est épuisant mais jamais contrariant, sauf sur sa faculté à ne pas passer chez un vendeur d’appareil auditif suite à une écoute au volume déraisonnable. Pas de tropiques à l’horizon, même les oiseaux semblent ici migrer sous le son d’un clavier en rupture totale avec la raison. Disque malade mais addictif, nous pouvons parler d’une drogue dure, d’une geôlier machiavélique mais jamais sournois, qui quand il s’accoquine avec l’after punk, lui donne aussi des sueurs froides. Diabolique.




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