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Vingt-sixième et dernier album studio de David Bowie, Black Star est une étrange chasse au trésor où les indices côtoient les pièges et les non-dits et où le trésor serait l’esprit de David Robert Jones et ses nombreux visages.

Le premier titre, qui porte le nom de l’album, dure près de dix minutes et s’articule autour de deux parties, la vie et la mort, ou bien la mort et l’après. Le ton est donné. Une plainte remplie d’espoir, annonçant l’arrivée d’un nouveau monde, un entre-deux monde qui ne s’éclaire que brièvement. La section cuivre (très présente sur tout l’album), accompagnée de chants hantés, brouille les pistes. Comme un passage vers l’au-delà ce morceau regorge de secrets et de trésors bien cachés, enfouis dans l’âme sur-inspirée de Bowie. À l’image du titre Girl Loves Me où seul Bowie peut comprendre certains mots codés, sorte de mélange de plusieurs langues.

David Bowie a toujours su nous emmener là où il le souhaitait mais sans jamais vraiment nous donner les clés. Le titre ’Tis A Pity She Was A Whore aborde-t-il sa relation à la drogue ? À son parcours, à son succès ? Ou bien est-ce le titre Girl Loves Me ? Le titre Lazarus quant à lui, faisant référence à un homme mort et enterré depuis quatre jours ramené à la vie par Jésus, est poignant et laisse un drôle de goût amer quand on connaît le dénouement.

Il ose une fois de plus mélanger des univers (électro, jazz, pop, new wave), des sons (cuivres, sons techno très noirs, percussions, synthé rétro, cordes aux sonorités égyptiennes...), des périodes, des styles, que personne d’autre n’oserait réunir et faire cohabiter.

Bowie l’opportuniste nous quitte en beauté et nous laisse avec des questions en suspens que chacun de nous essaiera de décrypter mais sans jamais savoir ce qu’il se cachait réellement derrière ce grand homme aux mille visages, ce génie.




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