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Après le merveilleux Saturdays with no memory voici le retour de Bajram Bili avec un EP. Son univers onirique et électronique m’avait conquis lors de son premier album, c’est donc avec l’envie du chat devant son plat au poisson que je me lance dans l’écoute de Distant Drone. Une chose est sûre, le compositeur tourangeau ne déçoit pas. On retrouve la touche analogique et la chaleur du son de son premier album. Chaque évolution, chaque entrée, nouvelle nappe, kick ou synthé fait monter d’un cran la puissance qui se dégage de ses titres. Adrien Gachet nous embarque sur des montagnes russes spatio-temporelles totalement incroyables.

Si on se situe dans la continuité de son album, ce nouvel EP a quelque chose de plus immédiat, plus évident. On est pris par le rythme, c’est physique, impossible à réprimer. Et l’histoire. Que ce soit avec des mots, des couleurs ou des notes, la première qualité d’une œuvre, c’est l’histoire qu’elle raconte, ce qui fait qu’elle nous touche. C’est là où Bajram Bili sort du lot des compositeurs de musiques électroniques : il a cette capacité à dessiner des univers synthétiques, tracer des constellations de bips et de blops, il a quelque chose à raconter. Chacun y trouvera ensuite son écho personnel, mais tout est là, il suffit de tendre l’oreille.

Avec Distant Drone, Bajram Bili confirme qu’il a une place unique, une identité propre sur la scène électro actuelle. J’ai commencé par dire que je n’etais pas déçu, et j’ai pourtant un regret : seulement deux titres et 15 minutes de musique… A quand la suite ?