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Il ne faut pas se leurrer, a ces hauteurs nous savons tous très bien que les super groupes, Travelling Willburys, A perfect circle, Raconteurs et autres Superheavy durent le temps d’un égo, le temps d’un choc de fréquences, le temps d’une magnifique étincelle difficilement brillante, quel que soit l’ambiance, quel que soit l’amitié et le désir. Que peut on espérer d’un de plus, sinon l’éphémère plaisir d’un trait de flèche ? J’ai du mal à croire en ces unions, il y a des déceptions gravées le long de ma vie sonore (The glove, Zwan et l’horrible FFr sont parfois plus plaies que plaisir), il m’est donc infiniment ardue de croire qu’Apparat + Modeselektor, pourtant deux exemples parfait de l’humanité sensible des machines, puissent engendrer le renouveau du monde électronique, et révolutionner le monde musical, qui, depuis le punk, cherche par-ci par-là, des messies. C’est là où je me trompe, il n’y a d’autres horizons dans cette union qu’un fin plaisir de voyager, non pas de créer, mais de recréer et se recréer dans ces thèmes, aucun désir de bouleverser le monde et briser le cocon de nos oreilles, sinon de les cajoler dans un espace calme, in utero, dans la sauce maternelle. III est un voyage, sans plus, au cœur de nous, dans notre plasma, dans notre bien-être natal. On savait de l’art et la manière de ces messieurs, cette finesse, ces détails sonores tant précisément beaux, sans faille (vous souvenez vous de cette vidéo de Massive Attack sur Teardrop, voici le type de magma ou s’écoule ce disque). Voyage interne, les voix plus présentes que dans Apparat, les mélodies plus profondes que dans Modeselektor, l’un mute l’autre, et l’autre embrasse l’un. Reste cette richesse sonore, cette palette précise qui fait des orchestrations dans l’air alentour, des beautés sensorielles, envoutantes paroles, car si il y a un risque pris, c’est bel et bien celui de la poésie dans tous ces aspect, cette caresse verbale comme auditive (Impressionnant « The fool »). En effet, tout respire l’art, sans vouloir être l’œuvre parfaite, le but n’est aucune Joconde, sinon la femme peinte, ornementée de défauts, colliers d’ors. Ce qui se désire, c’est simplement que les yeux se ferment sur les ailes d’avions, sur les quilles des voiliers, ce que prétendent ces trois doux-rêveurs branchés aux ampoules, c’est l’évasion du monde externe, le refuge de nous, le havre de nos cages thoraciques, un moment hors du temps, hors des dehors, une oraison, un feulement, une chair de poule inavouée… non sans rythme… Ce n’est pas un somme, c’est un voyage déboussolé, ni brulant ni congelant, simple comme nos cinq sens, sur les vertèbres de sonorités tant inhumaines qu’elles retournent nos peaux comme si elles étaient organiques, cette ambigüité des machines sous les doigts des rêveurs si parfaitement ébauchées dans ce disque. Ainsi est-ce, voyage intraveineuse, pur moment de plaisir pioché entre câbles et mots, ce III est un instrument a séismes internes.




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