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Ce nouvel album de Julianna Barwick n’en est toujours pas un. Il n’est pas véritablement gravé sur un disque ; Il n’est pas figé sur la surface lisse d’un cd ou celle plus accidentée d’un vinyle à la tendance lourde. « Will » n’est pas un disque, c’est un faux murmure qui se serait dissimulé dans le souffle d’un chamane. Ce n’est pas un disque, car il ne semble pas s’imprimer même en nous. Il nous entoure, nous enferme, des boucles vocales en guise de fermeture d’une boite à musique de laquelle nous ne pouvons partir. Ce n’est pas un disque, car le son est comme une évaporation, comme si Sigur Ros avait confié la retranscription de ses morceaux à un David Lynch en pleine édification de sa tour vers le ciel.

Ce n’est pas un disque, car des textures qui nous arrivent certaines naissent en direct, à la fois craquement des meubles, tremblement des figurines du passé posées en guise de décoration sur des étagères sombres. Will est un objet sonore, une mantra en apesanteur, sublimant un moment au ralenti, rejoignant la terre ferme avec ses aspérités et ses contradictions perpétuelles le temps de « See, Know » qui est le morceau qui clos cet objet, enfin ce disque si vous voulez.

« Will » séduira les rêveurs par procuration, les insomniaques du dimanche ceux de la contrariété factice. Pour les autres il en faudra du courage et une bonne dose de relaxation pour se baigner dans ce qui n’est pas vraiment un disque.




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