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Qui a dit que la musique anglaise avait du plomb dans l’aile, et que le Brexit n’était en fait que la preuve par les urnes que quelque chose ne tournait plus rond au pays de la pop, du punk, de l’after punk...........(sortez vos manuels d’histoire de la musique à la lettre A comme Angleterre) Certes les bonnes nouvelles n’arrivent qu’épisodiquement de l’autre côté de la Manche, mais le grand malstrom musical qu’aura créé internet a peut être fini par tellement dilué des choses que nous en sommes à perdre les saveurs les plus appréciées noyées qu’elles sont dans cette sauce sans limites.

De la sauce les Dead Rabbits savent en réaliser et pas que pour accompagner le râble (je sais lecteur que là tu as l’oeil qui brille face à une chose aussi bien amenée). Les Anglais qui en reprenant de façon voulue ou non l’un des slogans du high speed du the Fly de U2 circa Zoo Tv Tour, ne se cachent pas, et ne disent pas plus ni moins de ce que nous pensons déjà, "Eveything is a Lie". Alors eux, s’en accommodent (comme ils le font avec la sauce du lapin, oui lecteur j’ai osé) et foncent d’un pas lourd, presque spongieux, vitupérant les grossistes du conformisme sans mémoire, leur envoyant à la face un alliage qui sautait aux yeux, prendre les cendres du post punk pour ranimer comme un engrais le ferait d’une plante, le Jesus and Mary Chain de nos années chéries. Des morceaux écrasés, compressés, où la moindre aspérité due à la respiration est étouffée. Une basse qui fait le dos rond face à des guitares qui semblent tirer sur le cou pour que les yeux fixent le sol comme aux grandes heures du shoegaze et une batterie qui elle sent les moments de fracture, aidée en cela par des claviers sous assistance respiratoire, quand il faut mettre un léger frisson dans le dos de l’auditeur qui pourra alors se dire que tout est peut être un mensonge, mais que là la sensation était tout sauf factice.

Avec un maniérisme charmant des emprunts évidents, le Dead Rabbits est la très bonne nouvelle nous arrivant de chez Peter Shilton. Avec ce disque qui sait s’approprier une part du passé, le groupe réussit le coup de force qu’Interpol était parvenu à réussir avec son premier disque, être un marqueur de son époque sans la réinventer. Des lapins morts qui gambadent comme des fous dans un univers lourd et détonnant, c’est ce que les Anglais nous ont proposé de meilleur depuis quelques mois. Des lapins malins.




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