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Une des choses que je recherche et que je chéri le plus dans la musique, c’est sa visibilité, le fait que l’on peut voir parfois même chaque son comme une couleur, avec certain, on peut même voir des images, avec très peu, on peut directement s’assoir sur un fauteuil d’un ciné grand comme nos infinis. Pour que la couleur soit, pour que l’image apparaisse. Il faut une lumière qui la projette, cela s’appelle le don (En Espagne, on dit "El duende", le lutin, cet on ne sait quoi qui fait de l’aluminium de l’or). Soyons aussi rêveurs que réalistes, le don, ce lutin, ce cisèle, se travaille, s’usine. Quentin Guglielmi, c’est surement usé coudes et cordes au sein des Scarlet Queens ou des 7IK, avant de fonder Blow, et d’y poser l’étincelle suffisante pour créer la lumière. C’est sans doute en apesanteur sur ce passé sonore qu’il a commencé à construire ce nouvel édifice, Jean Etienne Maillard et Thomas Clairice vinrent y donner la couleur et le volume, et, finalement, le battement de cœur de l’entité vint des baguettes de Pierre-Elie Abergel, Blow commença à respirer. Où demeure ce corps issu de ces groupes, L’image de Frankenstein prend ici forme importante, vu que la création revit par l’électricité, mais est une invention brutale et humaine, l’électro et le rock. Où loge Blow ? Et bien dans des limbes où savent se fusionner des danses lentes et des étincelles virulentes, des airs orageux et des vents sages, des mélodies calmes où sursautent parfois quelques fougues, des plaines sonores où se sèment des lettres et paroles irréelles (ceci est aussi poésie). Le susurre , le murmure provient autant des voix que des notes, de ces soupirs qui pénètrent comme un plaisir interdit dans les corps, donc, une musique sensuelle, charnelle, sensorielle, chaude comme une piste de disco au ralenti, humide comme un désir, palpable comme le sexe, présent comme la lumière. Dans certains aspect de la voix, dans ce calme énervement, on peut retrouver autant du Cohen des années 80 (R.I.P.) que les intenses paysages de Dead Can Dance et autres oniriques instrumentalistes, un mélange très en vue en ce moment, depuis Massive Attack jusqu’à London Grammar, Jabberwocky et autres, un style chatoyant a la par que spleenesque, qui bouge les hanches sans bousculer les torses. Les titres de ce disque s’enfilent comme perles de nacre, dans une douceur qui peut bruler, sur une superficie fine et légère qui cache bien maladroitement l’épaisseur de la chair, oui, Blow joue a fleur de peau, et la peau lui répond. Ici, dans ce fall in deep, c’est le corps entier qui se fait plaisir, et vous savez quoi, quand le corps est heureux, il émane de la lumière, juste assez, pour être visible.




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