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C’est en fait un petit hommage à mon frère, à ces guerres entre son radiocassette et ma platine, c’est par lui que j’ai certaines notions de "l’autre musique". Par lui j’ai avalé sans le savoir, les petites doses sucrées des "kool and the gang", "Lips Inc." "Shalamar" et autres "Whispers", et de ces années 80 de brillants et mouvements sensuels sur fond de boule de miroirs. J’étais alors anti ça, parce que mon truc c’était d’être anti, plus tard, on découvre sous le gazon les George Benson, Al Jarreau et Earth Wind and Fire, et l’on applaudi ces musiciens parfaits, compositeurs énormes et le plaisir simple du boulot bien fait, on passe de l’anti, a l’oreille musicale. Je n’aurais jamais cru être capable d’écrire quoi que ce soit sur ce style, mais je n’ai aucun doute que derrière cette frivolité musicale, il existe de vrais professionnels de studios, maestros des instruments et rois incontournables des sections rythmiques. En somme pour faire du funk, il faut être en fête éternelle, mais munis d’une immortelle science du son. J’ai eu plus tard accès a la "nova bossa nova", a Mo ’horizon et ai puisé dans le trip hop et l’électro cool des heures et des heures de calme et de bien être, pour la passion, il y a le rock, pour le superficiel (mais important) et le repos du guerrier, il y a le funk. C’est donc un peu un hommage a l’autre facette de la musique, attention, non pas la commerciale, car le funk a des heures basses, mais c’est dans la gadoue que se trouve souvent la nouvelle terre. Sans doute le rock sera le sel, l’épice du plat, la sauce, le funk, c’est la sucrerie. Alors parlons, depuis le socle de cette statue vouée a mon frère, de cette continuation a la saga, et d’un des disciples les plus studieux, InClose. Je répète a ce point de mon papier, n’être qu’un piètre amateur de ce style, faible connaisseur et lointain auditeur, je répète, pour ceux qui ne me connaissent pas, que je ne marche qu’a la chair de poule, a l’émotion, et si je parle de ce jeunot de Besançon (21 ans), c’est parce qu’il y a eu un appel entre le nerfs de mon oreille et le muscle du talon Installé a Paris désormais, Paul-Henry Vuillemin (alias InClose) a surement bouffé pas mal de tous ces gens que j’ai cité avant dans les dialogues sonores entre son père saxophoniste et lui, mais en bon ruminant, il les a recraché a sa manière, nous sommes a l’âge du câble et de l’électron, a l’âge d’InClose. Compositeur, multi-instrumentiste et valseur de filles sur pistes, il émerge petit à petit sur la scène électro, si prolifique dans l’hexagone. Sa musique est un mélange salé sucré, bien sur le tout est voué au fun, mais l’art et la manière sont d’authentique musicien, et le feeling est beaucoup plus profond qu’une simple danse, nous avons ici affaire a un talentueux pianiste, un compositeur lumineux et un producteur fin. Son nouvel Ep., Candy (quand je vous parle de sucrerie) est un remerciement au bon gout, un merci au plaisir, un prix d’honneur a tout un héritage. J’ai beaucoup parlé de funk car je crois sincèrement que c’est le champ où il récolte le plus de saveurs, mais il ne renie pas certaines pop (Devo et autres créateurs 80 du son synthétique) et certains excès disco( Soul train et ses impensables grooves), non plus certains clichés trip-hop (la french Touch connection) et certains sourires de synthés Roland des 70 (grosses chaines en or sur chemise en soie ouvertes au thorax et déhanchement sexy accentué au plus possible), il faut de tout pour faire son monde. "Funk" est d’ailleurs le thème le plus enjouant et enjoué de ce disque, "Interstellaire" est là où il se fait plaisir, "Candy" poppy et léger, "Samedi" l’expérimentation, "My world is yours" le symbole d’un héritage, ce truc typique qui sans paraitre, se fige dans les lobules du cerveau. Voici un Ep. A diluer dans un bon verre de mojito, au soleil couchant avec vue sur le monde, et peut être se lancer dans une transe calme sur la piste aux étoiles, mais là, je suis trop rock pour être souple. Mieux vaut pour moi, rester allonger a déguster cette sucrerie, une fois n’est pas coutume.

Ps : Frérot, écoute ça, ça te rajeunira.




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