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Jusqu’à présent, tout allait bien pour Anton Newcombe : trois disques par an et aucun signe de bérézina, des collaborations avec la jolie Tess Parks ou Asia Argento, des musiques de films imaginés… Pourtant, fin 2016, l’album de trop : Third World Pyramid, du BJM pépère, pas mauvais mais pas très exaltant non plus. À squatter l’actualité avec une frénésie aussi sincère que dangereuse, Anton tombait dans le piège ultime : le duplicata de soi-même, la recette appliquée. Lassitude.

Sauf que chez Newcombe, depuis quelques temps, la composition remplace l’alcool et l’héro. Dopé à l’écriture frénétique, le BJM en chef ne connaît guère le sens du mot « vacances ». Car voici que débarque (encore) un énième album du Brian Jonestown (putain, déjà le 16ième !).

Don’t Get Lost (toujours ce goût d’Anton pour les hommages détournés, ici Chet Baker), qui sortira le 24 février chez A Records, s’avance, comme de coutume, avec la fidèle (envahissante ?) Tess Parks. "Groove Is In the Heart", premier extrait, injecte une légère rasade électronique dans l’habituel trip shoegaze / psyché d’Anton. Un titre assez prenant qui, peut-être, renouvellera la monotonie BJM. D’autant plus que l’album s’offrira les services de Pete Fraser (The Pogues) et surtout, surtout, de Tim Burgess (Charlatans) au chant. Rien n’est donc jamais perdu pour Anton.