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Difficile de savoir si avec ce nouvel album solo et son titre à l’ambitieuse ironie (ou l’ironique ambition), Sylvain Chauveau repousse la définition des genres qui organisent certaines étagères ici et là, une chose pourtant s’impose avec évidence : Post-Everything réussit le tour de force de concentrer les inspirations de l’auteur depuis le début de sa carrière sans jamais les enfermer dans une forme de redite, en les faisant une nouvelle fois évoluer par touches subtiles et néanmoins essentielles.

Dès les premières notes électroniques de Find What You Love And Let It Kill You, amples et denses, les souvenirs émotifs des albums de Arca et Micro:Mega au tournant des années 2000 ressurgissent. Ici, de nouveau, les boucles hypnotiques tout à la fois apaisantes et légèrement intranquilles dressent le cadre au sein duquel la voix grave, calme et intense de Sylvain Chauveau répond à celles de Myriam Pruvot Chantal Acda. Le texte est bouleversant et signe ainsi une sorte de marche funèbre absolue, incandescente, irrépressible et fascinante.

Après les magistrales douze premières minutes du disque (si tant est qu’il soit possible de ne pas l’écouter au moins trois de suite), The Unstoppable Sex Machine, A Morning Rain et plus loin dans le disque Afterwards et Into Eternity constituent le champs plus minimal du disque. Le plus souvent centré dans sa discographie autour du piano, du temps suspendu et du silence entre deux notes, cet axe, ici s’appuie autour d’une guitare sèche accentuant l’instantanéité de l’impact des Haïkus que les textes qui le structure constituent. Une preuve que le silence est parfois une bénédiction. La tristesse aussi comme le chantait Likke Li sur Wounded Rhyms en 2011.

C’est dans ce même album de la suédoise que Sylvain Chauveau est allé piocher pour se plier à l’exercice de la reprise dans lequel il excelle (pour preuve Down to the bone, magnifique et inusable hommage acoustique à Depeche Mode et peut-être surtout à Martin L.Gore).

Les deux titres repris sur ce disque démontrent une nouvelle fois le talent de Sylvain Chauveau pour cet exercice d’appropriation que nous chérissons tant du côté d’ADA(*) : No rest for the weaked, brillamment mise à nue, et surtout l’imposante réinterprétation de I follow River qui permet également de remettre à sa juste place cette chanson magnifique que mon esprit avait injustement laissé se noyer dans le torrent d’ennui et de vacuité qui m’accompagnait à la sortie de Song to Song de Terence Malick.

Seven Ways Mushrooms Can Save The World clôture Post-Everything sur quelques accords de guitares, notes de trompettes et des voix enfantines en écho à celles du titre d’ouverture (mais si, mais si….3 fois j’ai dis, oui : plus fort) pour mieux nous y renvoyer. Il y a pour ma part, bien longtemps, peut-être juste après le superbe Unilateral Disarmament au cœur du disque que j’ai décidé de rendre les armes. Mais soyez rassuré Mr Chauveau, ce que vous nous donnez, nous en mesurons la valeur et en prenons grand soin. Beyond Everything.

(*) : Tribute Morrisey à paraître avec le Volume 43 de nos compilations en septembre

http://www.sylvainchauveau.com




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