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1) Raw Silk Uncut Wood, de Laurel Halo : Angoisse superbe, doute de la création et de l’existence, fuite hors de soi : un album de réclusion transie, froide et glaçante. On retombe du côté de l’ambiance mortuaire du Laughing Stock de Talk Talk, mais du côté de ces nappes qui ouvrent et ferment l’album on pense plutôt à Klaus Schulze tandis que les bidouillages du ventre renvoient vers Coil. Fantastique.

2) A Laughing Death in Meatspace, de Tropical Fuck Storm : une tempête de couleurs vomitives et de rock acide, barré, constamment en équilibre et en énervement, quelque chose d’une énerverie Post-apocalyptique.

3) Now Only, de Mount Eerie : peut-être le plus bel album de Phil Elvrum (avec Clear Moon), tous les rappels aux souvenirs, aux traces, on dépasse peu à peu le deuil, on parle de Kerouac, Astrup, Tintin et tout revient vers Geneviève, mais les larmes ont séché (ou ont-elles séché ?). "People just living their live get killed for no reason...", on entre dans un album-photo un peu douloureux, on revoit les photos "de perdants qui rient encore la veille de leur défaite", des visages effacés mais qu’on maintient en vie par l’imagination (avant de se résoudre, se résoudre). Et l’instrumentation qui râle de nouveau, s’énerve plus, rompt tout, distord et tend de nouveau, puis Distortion, puis Distortion, les pianos qui fondent, la sécheresse étalée de la voix, la tristesse doucereuse du tout. Grandiose.

4) Minus, de Daniel Blumberg : une folk-jazz torturée, qui rappelle aussi bien Songs Ohia que Vic Chesnutt, mouvante, au bord de la chute, héroïque dans ces pistes qui se tordent (Madder en monstre noisy) - et incroyable, inconcevable de rigueur en live.

5) Hundreds of Days, de Mary Lattimore : Music for Airports mais à la harpe. Des mélodies à l’infini, plein de synthés très enrobés, des scintillements et des reflets incessants. Et Baltic Birch, et Baltic Birch... Des impressions bienheureuses sur des nuages épurés.

6) Body, de The Necks : Trois étapes pour trois traitements singuliers : on redécouvre doucement d’abord les habitudes des Necks, la discrétion scintillante de la batterie, la contrebasse en appuis bienvenus, un piano qui s’amuse et fend la toile. Puis soudain, le déchaînement ; la rythmique motorik qui tabasse, la bête relâchée, le bruit et la fureur : une longue prise entêtante, qui finira par s’assoupir et laisser repartir la vague, reposer enfin, en un decrescendo rapide.

7) Landfall, de Laurie Anderson et Kronos Quartet : Merveille, version moderne par instants du Quatuor pour la fin des temps. Tempête de cordes, et réflexion sur la vie humaine, les restes.

8) Entanglement, de Jessica Moss : Encore plus beau que son Pools of Light de l’an dernier ; on y retrouve toutes les choses lointaines des premiers Silver Mt Zion (les reflets à l’infini, les nappes glaçantes et qui s’avancent à pas feutrés, les accouplements des mélodies), un violon qui se perd et se perd en recherche d’une vérité, d’un bon choix à suivre ; et ces phénomènes d’Entanglement donc sur Particles : les éléments interagissant entre-eux malgré la distance, les connexions qui se font et se défont, la voix et les phrases qui se morphent et changent, "Sounds of violence fill the sky, darkening clouds are passing by".

9) The Light is Leaving Us All, de Current 93 : Un Current 93 aux compositions merveilleuses, qui réexplore de très nombreuses obsessions du bonhomme, on reconnait autant les échos d’harmonium d’un Sleep Has His House que les arpèges proches d’un Of Ruine ; la répétition sans cesse du "Light is leaving us all !" sur une voix touchée par une belle grâce, et même il y a ces énervements de guitare sourde. Pas loin de l’excellence, ça n’est pas rien vu la longévité du projet.

10) Double négative de Low : Passionnant : des noyades et des noyades de voix et d’instruments dans une torpeur électronique ; on dirait un tout autre groupe qu’avant, s’il n’y avait pas ces soulèvements d’émotion derrière les vagues qui déferlent. Une musique touffue qui s’étend et s’étend, en perturbations et en troubles. Une prière douloureuse et dans l’étouffement, dans les crispations éperdues des grésillements, mais surtout toujours avec la nostalgie du secours, du sauvetage.





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