> Critiques > Labellisés


  • 22 avril 2019 /
    Talisco
    “Kings and Fools” (Roy Music)

    rédigé par gdo
    1 vote
      (10/10 - 1 vote) notez cet album


Avec Talisco sommes-nous en présence d’un cas presque unique dans le rock français contemporain. Certaines chansons de Jérôme Amandi sont connues par le grand public, en entier (via une série télévisée) ou partiellement via des publicités, et pourtant le trio (sur scène, Talisco étant le projet de Jérôme Amandi) ne rencontre pas encore un succès en adéquation. L’effet presque pervers de cette visibilité c’est que ce que nous appellerons le public rock indépendant semble devoir snober Talisco, alors que les trois albums sont de véritables déflagrations pour la scène française, rare étant les groupes pouvant se targuer d’aligner autant de tubes potentiels sans jamais tomber dans la facilité du gimmick pourtant imparable comme sur " You Wish".

Avec ce nouvel album, Jérôme Amandi abandonne la typologie sur le nom du groupe, abandonne le dessin, pour une photo surexposée, au milieu d’un patchwork et d’un lettrage plus contrarié, comme si une urgence absolue animait ce disque qui nous est présenté comme fort et puissant. C’est « I m a Dead Man » qui donnera le signal de départ de ce nouvel album. C’est avec ce morceau que l’écriture de « Kings and Fools » sera lancée, et c’est le substrat de la plupart des titres de l’album, tous construits avec la volonté qu’ils nous restent dans la tête, et nous donnent des fourmis dans les jambes, sans pour autant nous déposséder d’une moue que nous qualifions de boudeuse, avec un regard pas noir, mais éloigné d’un accueil plein de sollicitude. Et c’est cela Talisco, un véritable savoir-faire dans la chanson scotch qu’il est impossible de se défaire, et une attitude rock qui ne pense qu’à une chose, faire que ses chansons envahissent aussi les pistes de danse. Un troisième album comme un confirmation, un troisième album tout en lâché prise, sauf la bride de l’écriture racée.

Talisco prend un chemin dans les tréfonds d’une ville sous une chaleur accablante, Jérôme Amandi semblant n’avoir qu’une exigence, comme certains rois, se confronter à cet astre vital et mortel, le soleil. Un disque irradié d’un roi pas si fou.