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  • 1er novembre 2019 /
    De Marion
    “Down The Road Of Mainstream I Saw You, Canzone” (Noia Recordings)

    rédigé par gdo
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Alors que certains neurologues tentent toujours de comprendre les mécanismes du cerveau humain, mais pas qu’à des fins cliniques, il est fort à parier que s’ils faisaient un parallèle entre musique produite et santé mentale du compositeur, le cerveau de Darion Serra pourrait être suspecté d’un désordre intérieur.

« Down The Road of Mainstream I Saw You, Canzone » n’est pas un disque fou, mais il n’est pas dépourvu de cette substance qui entraîne l’étonnement chez l’auditeur. Pas totalement décousu, se démarquant d’une démarche trop lo-fi qui caractérisait ce genre de démarche par le passé (Sentridoh, les premiers Beck, John Frusciante), la musique de De Marion est faite d’accidents, d’emprunt au hasard et d’une culture impressionnante dans laquelle le musicien donnera avec l’aide entre autres de Carlo Barbagallo des coups de ciseaux, sans suivre les traits ni les pointillés.

Pouvant être presque hypnotique (Sburramento Fulmineo In La Minore), quasiment mystique quand sur « Danny Boy » il chevauche le Sparklehorse de Mark Linkous, et devient carrément inquiétant le temps de vignettes sonores dans les ténèbres de Twin Peaks (exemple « Matthew »). Réalisant l’un des rêves de Tom Barman quand il parlait de Palace et de son pouvoir d’être capable d’écrire sur un sujet comme une cuillère (Spoon), De Marion nous plonge de plus en plus dans une forme de folie (Gibbous) très éloignée de l’indie pop rock parfaite de « God Put a Blind Flange In His Path », plus proche du chaos intérieur inquiétant (GangBang Disco White) que de l’ascèse reposante de celui qui fait de la méditation son nouvel art de vivre. C’est dans une sorte de pièce sans fenêtre que De Marion nous quitte, seul avec sa guitare pour un « Wasted Time With Nonchalance » qui progressivement laisse entrer, on ne sait comment un souffle bruitiste, comme si l’ensemble des bruits qui peuplent son cerveau sortaient pour clôturer un disque tout aussi malade que traverser par des fulgurances mémorables.




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