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  • 6 avril 2020 /
    Shht
    “Noneketanu” (Autoproduction)

    rédigé par gdo
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Alors que nous faisons face à une situation qui nous déphase complètement, nous projetant dans un univers que nous ne pensions que l’apanage des œuvres de science-fiction, je vous propose de soigner le mal par le mal, avec le dérèglement par quelque chose totalement affranchi de la moindre règle répondant au « soit disant » bon sens commun. Cette proposition, c’est le deuxième album des Belges de shht. Concourant d’ores et déjà pour le concours de la pochette de disque la plus incongrue, le groupe est probablement l’antidote la plus plausible à la sortie de votre confinement, au moins par la musique. Pour cela il faudra quand même vous assurer que la sympathie que vous porte vos voisins n’est pas feinte, mais également d’auditer les possibles fissures d’un mur qu’il soit porteur ou non. Car « Noneketanu » est un disque qui pourrait bien élargir la sensibilité des matériaux, mais aussi agacé un voisinage tentant une retraite forcée en respectant les préceptes d’un bouddhisme devenue unique roue de secours quand la seule planche de salut proposée est la névrose télévisuelle.

Shht eux proposent l’inverse. De faire du bruit avec tout ce qui se présente sous la main. De jouer avec les propositions inutiles de la société consumériste, en les baignant dans une forme de psychédélisme aussi barré que chez les Flaming Lips, la grandiloquence en moins.

Derrière des atours foutraques et débridés, le groupe aborde des sujets qui collent parfaitement à cette période pendant laquelle le retour sur soit nous questionne tellement sur nous-même, qu’elle en deviendrait presque salvatrice pour nos egos et notre position dans le monde.

Barré et fureteur, « Noneketanu » se détache des productions actuelles, surfant sur une tectonique des plaques de leurs inspirations, prenant à rebours la moindre certitude afin de lui faire perdre le nord et la retrouver à l’autre pôle, affublé d’un déguisement qu’elle ne pouvait soupçonner mettre un jour.

C’est un groupe qui en maîtrisant les dysfonctionnements qu’il impose à sa musique, érige la viralité comme le premier percept d’un art nouveau. Libre à nous de penser que nous pouvons en faire d’autant de nos vies. En tout cas, nous y réfléchissons.




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