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Quatuor nous arrivant de San francisco, Night Collectors est une émanation musicale et musclée des travaux de Milton Erickson. Jouant un blues psychédélisme rock et rude, les pensionnaires de l’excellentissime label Aagoo Records, reprennent les choses ont les ont laissées le Velvet, priant chaque soir avant de ne pas se coucher (pour faire une telle musique, on ne dort jamais.) devant la sainte écriture du Gift warholien jusqu’à la nausée. On ne parle même plus de répétition, on parle ici d’overdose, de traversée, tel un militaire faisant ses classes, se propulsant avec les coudes en rampant dans un tube inhospitalier. On parlera de drone quand on voudra se simplifier les choses, on citera le mythe de Sisyphe pour se faire reluire son moi profond avec la conviction intime que par moment Night Collectors arrive à fixer la chose sans qu’elle ne retombe de l’autre côté, n’ayant dans cette musique ni bonne ou mauvaise rampe. Tel un Mark E. Smith à qui on aura prodigué une dose de narcoleptique et que l’on aurait affublé d’une camisole canine, John Krausbauer, chante, slam, se débat dans une atmosphère poisseuse, donnant au taux d’humidité de l’Amazonie l’apparence d’une aimable plaisanterie pour aventurier de téléréalité. Il s’extrait de ses guitares et de celle de Blaine Todd, et de la section rythmique (Brian Wakefield à la basse et Kaori Suzuki à la batterie) à la métronomie proche de l’épilepsie perpétuelle. On sort quasi exsangue de ce disque aux atours paganistes, mais avec la farouche envie d’en remettre une couche immédiatement, tel un junkie en phase de pré descente et qui ne voudrait pas perdre les gains de sa montée. Donc préparez-vous à faire vriller votre cerveau et à laisser votre âme dans le sac de ration en velours que ces guerriers de l’underground vous auront façonnés. Ne plus jamais descendre.




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