| |
La musique que
nous aimons ici est le fruit d'un glissement au sein même
d'un être. Ce glissement en géologie donnerait une crevasse
ou à l'inverse une montagne. Chez l'homme ce glissement produira
une fêlure, une rayure sur le sol vernis de notre personnalité.
Combler cette fêlure n'est pas aussi salvateur que cela puisse
paraître, car désastreux pour ce qui est de la création. Pour
Bill Callaghan c'est un contre-exemple. Si l'on excepte les
trois surabondances de guitares musclées de chez Lou reed
sans bouclette, Bill évite le brouillard et progresse dans
un décors de printemps, sous le soleil et le bonheur de la
douceur. De ce bonheur naîtra our anniversary, chanson extraordinaire
que je m'interdis d'écouter plus de dix fois de suite sous
peine de devenir totalement addict. Une boucle, un morceau
quasi improvisé sur lequel Bill de sa voix de Rodolphe Burger
en première ligne au front, chantonne vaillamment et espiéglement.
À l'instar de ses compagnons d'infortunes, l'un de nos folkeux
spleeneux a lui aussi découvert que de regarder au fin fond
des entrailles fini par aboutir à l'autre côté, au-dehors.
Bill Callaghan signe ici un beau disque, une pierre angulaire
de la discographie de smog et le tournant d'une carrière qui
éclaircie sa teinte. Aimons nous ici l'anti ride maintenant
? Coup de cœur de cette semaine.
Gerald
de oliveira
|
|