| |
Cette chronique est un crève cœur. Longtemps retardée elle
devenait urgente. Mais que dire que je n'ai déjà dit sur ce
groupe qui reste mon chouchou de toujours. Que dire de cette
reformation sur les cendres encore fumantes d'une séparation
de cinérama. La peur venait dêtre incompris, ou d'être snobé
car trop fanatique de david Gedge. Il était alors évident
pour moi de laisser cette chronique à un regard neuf. Mais
ce regard reste le mien me dis je. Vierge d'à priori et frôlant
un age canonique dans le milieu fantoche des chroniqueurs
sur la toile, j'avais le regard nouveau. Inespéré donc ce
nouvel album du Wedding Present est le plus beau cadeau de
mariage (avec huit mois de retard dommage) que je pouvais
recevoir. Take fountain renoue avec ce que le wedding present
a pu faire de mieux, oubliant une première sortie ratée ou
bâclée. David Gedge parvient mieux peut être que jamais à
construire des ponts entre ces morceaux explosifs et métronomiques,
et ces ballades de plus en plus présentes et multiples dans
leur conception. Combien aurait on donné pour entre interstate
5, et sa fin à la Ennio morricone, alors que les pilleurs
de tombes forcaient le saint graal, beaucoup et plus encore
pour le tonitruant ringway to seatac nous redonnant enfin
la possibilité d'entamé le pas de danse Gedge appris sur le
clip de california (à quand une réedition de
dick york's wardrobe). Disque pouvant paraître lent pour les
adeptes du flash radar, take fountain est le compromis parfait
entre le désir d'en découdre avec ses limites et les limites,
et la volonté de recoller les morceaux quitte a donner à pleurer.
On restera alors sans voix face à Mars sparkles down on me
ou à l'écoute du transperçant Queen anne, et on prendra la
mélancolie pour un sentiment frappeur grâce à it's for you.
Si take fountain est plus que la transition entre le wedding
Present et Cinerama (le déroutant don't touche that dial est
d'ailleurs le dernier single de cinerama) c'est qu'il contient
dans sa présentation le souffle héroïque d'un groupe qui ne
triche pas avec la décoration et qui n'a jamais confondu création
et récréation. David Gedge ne nous a jamais rien promis, mais
il a toujours tout tenu, et une fois de plus on ne peut que
s'émerveiller face à cette prestance mélodique dans un chant
de " sonicité ". En terminant cette chronique j'ai une pensée
pour John Peel (comme le wedding present a qui le disque est
dédié) qui aura raté de peut le retour du meilleur groupe
anglais de ces quinze dernières années, son préféré
peut être.
Gerald
de oliveira
|
|