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Le
progrès amène la nostalgie, et la nostalgie une mélancolie
comme wagon. La photo numérique nous entraîne vers cette nostalgie
dans son échelle la plus élevée. Le sépia est de ce fait condamné
à être une couleur en voie de disparition, pour le plus grand
malheur de nos yeux. Qu’arriverait il si la musique de Tamarra
Williamson pâtissait de ce manque de coloration ? . Après
plus de dix ans à travers ses douleurs, ses chagrins, Tamarra
trace une tangente entre une Sinnead O’connor non publicitairement
incorrect et une chan marchall moins ascète, plus éprise D’ornements.
Album aux exclamations multiples « the arms of ed" capture
des temps parfois révolus sans tomber dans le pathos à tout
prix. Non, Tamarra n’acheve pas les défenses de son auditeur
en toute facilité, elle rogne, lèche les bords, travaille
son ouvrage, lui donnant parfois un aspect non définitif (behind)
et complètement en dehors de tout. Les beaux ouvrages eux
se multiplient avec comme point culminant (sir oswald) véritable
mise en chaire d’un squelette de cat power, préférant laisser
du mou plutot que de bander le bras comme une arme. Imprégné
de folk, la musique de Tamarra se faufile et ne manque pas
l’occasion de scléroser les velléités de pause trop voyante.
Admirant la couleur trouvée, on en affirme même que la fixation
des aiguilles et sans fondement et illusoire. Une merveille
en cette année, une merveille intemporelle. Chef d’œuvre.
Gerald
de oliveira.
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