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Avec sa voix à
la limite de la rupture et son chant élastique et lascif Aurelio
Valle, le chanteur de Calla brouille les pistes déjà pas mal
tortueuses de calla sur Televise. On a beau toujours chercher
à faire des rapprochements plus ou moins hasardeux, là Calla
cache soigneusement ses influences ne facilitant pas la vie
du chroniqueur, conscient malgré tout de faire face à un disque
marquant. Monument qui porte à merveille son nom délivre en
plus de trois minutes un élément de réponse. Un brin de beat
electro-cheap et crasseux à la mode teutonne, une partie de
tennis entre une guitare acoustique mutine et un riff de guitare
tendu mais flottant, cocktail tendu et explosif pour un puits
d'énergie rentrée. L'album en s'ouvrant jetait une passerelle
entre calla et interpol (les deux groupes vont d'ailleurs
tourner ensemble prochainement) mais c'était une fausse piste,
tout comme celle on l'on entendrait sur don't hold your breath,
avecle fantôme de cure pour peut que l'on fasse abstraction
de nos préjugés prétentieux. Inutile de chercher partout donc
une once de plagiat ou de suivisme ici, car ce qui fascine
chez calla, outre l'installation d'atmosphère quasi dans le
dénuement (pete the killer) c'est son aptitude à changer progressivement
un morceau digne d'un moineau rachitique et déplumé en phénix
impressionnant comme sur le magistrale A squick at it comes
ou encore sur televised, tendu comme en arc, nous envoyant
des flèches assassines dans nos oreilles par le biais de mélodies
accrocheuses. Ces flèches qui d'ailleurs peuvent se transformer
de moteur d'un morceau en brouilleuses de folk song parfaite,
parasitant tout à l'aide d'une batterie puissante. Televise,
est un mystère et pas seulement par sa pochette sublime et
intrigante, non Télévise impressionne par son nombre de zones
d'ombre et de direction à mettre en lumière ou emprunter.
Calla signe un grand disque pour ce début d'année, qui, en
plus de son épais brouillard à transpercer, recel les parties
de guitare les plus accrocheuses du moment, hypnotiques et
brutales. A découvrir absolument sans attendre.
Gerald
de oliveira
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