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Il y a peu Tanguy
Destable alias Tepr sortait Côte Ouest, successeur du trop
cours mais prometteur The Deadly Master of Rappers From Hell,
sur le jeune label rennais Idwet. Cette album précisait un
peu plus le tournant musical esquissé quelques mois plus tôt
par le percutant ep 29' til i die en s'éloignant davantage
des ambiances sombres et savamment torturées dans lesquels
notre breton avait pris l'habitude d'évoluer au sein d'Abstract
Keal Agram. Avec cet album, dérèglement mélodique oblige,
il faisait tout d'un coup moins froid du côté du Finistère,
les pluies électroniques de sons mélancoliques et les boucles
brumeuses de hip-hop cafardeux laissant la place, au moins
le temps de ces escapades solitaires, à de belles compostions
anticycloniques. Avant que le ciel ne se couvre à nouveau
sur la pointe bretonne, que notre bronzage estivale ne soit
plus qu'un lointain souvenir, que Tanguy retrouve Lionel et
qu'AKA remette le couvert, Tepr nous offre une dernière parenthèse
récréative En Direct de la Côte, dernières heures de soleil
floridien avant que la nuit automnale redonne à Morlaix son
atmosphère bristolienne d'antan. Bien que cette sortie ne
soit en définitive qu'une suite de titres sans réel concordance
thématique, concoctée en marge de Côte Ouest et essentiellement
composée pour le live, elle se trouve être en définitive la
meilleur chose que l'ami Tepr nous ait jusqu'ici offert. En
Direct de La Côte est une vision intelligemment hallucinée
et efficacement branleuse de la musique pour dancefloors et
une relecture décalée et efficace des ses différents mouvements.
Composé pour une part de titres moins prêt-à-danser que la
majeur partie des sorties nouvellement et faussement labellisées
euro-crunk, Achète-Moi en compagnie des Québécois d'Omnikrom
ou Ghetto Bounce avec une petite moitié de l'entité Zucchini
Drive (Marcus Grapp de Stac Of Stamina et Siaz de Cavemen
Speak), ce projet prouve qu'en forçant quelque peu le trait
d'un genre trop éculé, au moins de ce bord-là de l'atlantique,
en en exagérant le côté clinquant et l'esprit potache, Tepr
prouve qu'à défaut de faire évoluer cette musique de club
ont peu tout aussi bien la dévaluer et la rendre au combien
plus attractive. Davantage radicaux et immédiats que ceux
de son aîné, les morceaux en solitaire, comme le kitch et
funky Coke&Cream, le tapageur Caravage ou le tubesque Minuit
Jacuzzy, sont quant à eux de véritables moments d'efficacité
électronique, un capharnaüm de bpm duquel on en ressortira
certes éprouvé, démantibulé, avec peut être même quelques
déchirures musculaires en prime mais le rictus à son maximum
et l'envie d'y retourner au plus vite dans cette grosse boite
de nuit où la hype, pour une fois, n'a pas eu droit aux faveurs
du vigile.
Benoit
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