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Au
fin fond d'une décharge, un homme chante avec le désespoir
du laissé pour compte et nous parvenons à l'écouter sans même
penser une seconde à lui donner la main. Ne pas le laisser
pour paraître plus riche, juste le laisser, car dans ce milieu
c'est là qu'il puise sa vie. Fait de peu voire de rien, chantant
souvent sur un accord, Dust Dive est un Flaming Lips pouilleux,
qui aurait revêtu un manteau afghan pour chanter sur une musique
au croisement du recyclage et de la nécessité basse. Quand
on pointe l'oreille on entend des oiseaux chanter, nous sommes
bien dehors, le dedans de The Dust Dive, dans un inconfort
qui n'a d'égal que la mélancolie poisseuse qui sort de ces
chansons malades. Impossible de ne pas penser à Sparkelhorse
en écoutant Main Street Anthem, la même possession des grands
fonds, la même allergie de la stabilité, ne soyons surtout
pas désinvoltes, ayons l'air de tout et surtout de se plaire
sans forcer notre nature. Asleep Or Awake Walk est plus qu'un
disque triste, c'est une descente au raz du sol, au plus prêt
de la naissance des choses, mais aussi de leur mort. Tom Waits
devrait ici trouver un frère que sa mère aurait eu avec le
père du Bill Callaghan barré et autiste des premiers disques
bicolores. Asleep Or Awake Walk fait du mal là où l'on était
bien, une âme Gipsy, le coin du feu d'un camp de fortune monté
par des gens du voyage perpétuel. Ne sortez pas les poubelles
et ouvrez votre cœur. Énorme.
Gerald
de oliveira
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