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Difficile de croire qu'originellement Of Montreal sera né
d'un événement funeste : la fin d'une histoire d'amour claudiquante
(la fiancée de Kevin Barnes -chanteur/guitariste- habitait
alors la ville). En effet l'ensemble de leur discographie
et ce septième album en particulier semblent édifier un temple
rigolard à l'humeur joyeuse. De banane -pas le fruit mais
le mouvement des lèvres qui indique le plaisir- il sera alors
question sur ce Sunlandic Twins qui rendrait le sourire à
l'estivant contraint de lâcher sa caravane et l'espace jardin
attenant -matérialisé avec ingéniosité par des galets peints
par lui et idéalement sise à côté des sanitaires du camping
municipal de Berck- pour regagner la cafète du service recouvrement
dans lequel il officie depuis de longues années. En treize
titres Kevin Barnes et consort livrent bataille sur le terrain
de ce que le leader d'Of Montreal qualifie d' " electro pop
opera ". Pas de dégât collatéraux majeurs dans un premier
temps outre une furieuse envie d'en découdre avec la piste
de danse (" I Was Never Young ", " So Begins Our Alabee "
notamment). The Sunlandic Twins déniaise en définitive une
pop 60s à force de caresses électro équivoques : un peu comme
si Ray Davies confiait ses vieilles bandes à Postal Service
pour une relecture libre. Un deuxième acte dans cet opéra
électro et schizo semble cependant s'ouvrir durant quelques
titres et à mi-parcours. Une mue s'opère et l'opéra perd (en
intérêt) glissant progressivement vers une indie pop psyché
un rien éprouvante (" Knight Rider " ou " I Was A Landscape
In Your Dream " -rien que le titre prête à sourire…. Le titre
final, " The Reputiated Immortals " -ballade pop mid tempo
à machines avec explosion de voix traitée(s)- engage en dernier
lieu les pour-parlers entre les deux temps de l'album et signe
les accords d'une réussite. Les twins se réconcilient et l'on
s'en félicite. (Très) conseillé.
Benjamin
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