|
Le temps passe,
et ce n’est pas ce retour en arrière qui me fera penser le
contraire. En 1986 alors le duvet de mes joues laissé progressivement
la place à du poil encore éparse, les thugs arrivaient avec
une radicalité que nous ne pouvions deviner dans un pays pleurant
les prémices de la fin de téléphone et surtout plongeant dans
un marasme économique que même la glorification de Platini
ne parviendra pas à éteindre (on sait ce qui se passera 13
ans plus tard).
Les thugs nous donnaient enfin des raisons d’espérer quand
au mois de juin nous échangions avec notre correspondant anglais
la musique de notre pays, lui faisant injure de ne pas connaître
wham en lui chantant love will tear us appart. Pour présenter
les Thugs je découpais la devise olympique plus vite plus
haut plus fort. Dans le domaine de la rapidité les thugs étaient
hors concours, cachant une ligne mélodique parfaite derrière
un mur de son laissant à penser a posteriori qu’en prenant
une direction différente, loveless aurait pu être accouché
à Angers. Radical dans ses postures, le groupe va gravir les
marches de la légitimité sans concession, mais aussi sans
faux snobisme. Affranchi de l’image, excepté pour les pochettes
qui restent parmi les plus belles que je connaisse, les thugs
parvenaient à nous foutre la frousse face à un batteur en
quasi-freaks chantant comme si la mort lui tapait sur l’épaule.
Préférant encore se produite à nulle part ailleurs que de
faire savoir qu’ils ne voulaient pas y aller (suivez mon regard)
les thugs prirent le parti prix du dialogue (sociale ?) dans
une posture citoyenne réaliste et frontale plutôt que poético
stérile.
Ouvertement
impliqué dés ses débuts, le groupe se construira des barricades,
connaissant sur le bout des cordes des guitares la façon de
tout dynamiter. L’écho, on le pensait à l’époque, serait celui
du velvet underground, et les thugs devenant les icônes dans
un passé que nous espérions rapide d’une génération qui comprendrait
que la musique est avant tout la toile et que tout le monde
autour ne sert que de cadre. Vingt ans après aucun groupe
en France n’aura eu cette légitimité et cette justesse dans
le discours, parlant mieux d’une fracture en songeant aux
lendemains qui chantent.
Je
vous souviens avoir pleuré en écoutant le dernier morceau
du dernier album du groupe, sachant que ce serait la dernière,
mais aussi car ce groupe qui se cachait derrière une furie
sonore, devint nu l’espace de trente-secondes, énumérant des
titres de leurs morceaux tout en évitant une théâtralité nauséabonde
pourtant de rigueur en ce contexte. Quinze ans après j’avais
la confirmation que je ne pouvais avoir confiance qu’en un
groupe qui se cachait sans le dire.
En 2004 crash disques remet les thugs à la lumière, il suffi
juste maintenant de l’attraper et de la protéger, dans les
situations difficiles un feu bouillant réchauffe et donne
de l’espoir en l’horizon. Vive ce droit d’inventaire.
(radical hystery - 1986) Replaçons tout dans son contexte.
En 1986 la France a peur pour ses otages, sa bande bleue crame
sous le...
(electric troubles - dirty white race 1987/1988)Les deux EP
posent les bases quasi définitives de ce que sera le groupe.
Une batterie...
(still hungry still angry - 1989) A l’image d’une jeunesse
pleine de vie, les thugs sont avec still hungry still angry
dans cette période de...
(I.A.B.F. - 1991)
Avec IAF Les thugs laissent filer des indices (i love you
so). On sent que derrière le masque de la sonicité à outrance...
(as happy is possible - 1993)
Avec IAF Les thugs laissent filer des indices (i love you
so). On sent que derrière le masque de la sonicité à outrance...
(strike - 1996)
Pour strike
les thugs se sont encadrés de la production de steve albini.
Un album rouge, profondément dans l'ère du...
(nineteen something - 1997)
Après le
choc tellurique et lexical de strike, les thugs signe l’album
le plus pop du groupe, assouplissant tout...
(tout doit disparaitre - 1999)
Ironique,
tout doit disparaître (encore une fois quel titre pour une
séparation) ce dernier album des ...
(road closed 1983/1999 - 2004)
1999, tout
doit disparaître, c'était la dernière ligne d'un activisme
sonique sans précédant en France. A ...
Merci à
Crash disques
Gerald
de oliveira
|