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Il va être heureux
mon t-shirt rouge troué avec un joli papillon bleu orné du
nom de chokebore et acheté un soir de concert sec de cat power.
Il va être content d'entendre que Troy von balthazar est lui
aussi plein de trous, déchiré de partout et surtout de l'âme,
rappé sur les os. Éclairé par un dernier EP à haute dimension
émotive, Troy signe cet opus avec autant de balafres sur son
sourire que de trous sur mon pauvre t-shirt. Ses mélodies
subissent les affres de la complexité d'un cerveau contrarié
dans une enveloppe charnelle appétissante. On pourrait voir
en Troy un Daniel Johnston beau, un homme ne sachant plus
trop où il se trouve, mais gardant les traces sur le sol pour
au moins faire marche arrière. Car la monde est trop grand
pour Troy, il paralyse son imagination et la transforme en
boule de gomme qui ne se fatigue que une surface tendre. Il
bouillonne dans un milieu restreint et y déploie des trésors
d'imagination verbale ou dans la production. Collage entre
sparklehorse et le fun de Dany le fou, troy von balthazar
est un disque à la beauté difficile (comment ne pas pleurer
et à la fois trembler en entendant old black joe), un disque
à l'image de mon T-shirt, usé, mais restant le plus beau et
pas seulement pour son histoire. Un papillon aux vies multiples.
Gerald
de oliveira
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