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La blague a failli
prendre. Dans une masse de disque reçue via la poste une enveloppe
ne payant pas de mine, sans bio ni photo, juste une inscription
sur un cd-r, ceci est le nouveau radiohead. On annonçait partout
un changement de ton chez les gars d'oxford, le remplacement
de l'électronique par un retour des guitares vengeresses.
Ce que l'on avait annoncé c'est le remplacement de Thom yorke
par tim booth en retraite de James et l'arrivée de nouveaux
membres venus de chez mercury rev pour maîtriser la scie musicale.
Comme influence principale à ce retour à une pop flamboyante
et précieuse Thom avait décidé de décrypter la simplicité
complexe de laid de James en se passant des services de Brian
eno. Mais tout cela ne tenait pas, il y avait une blague derrière
tout cela, histoire de faire tomber le peu de crédibilité
que pouvait avoir ce site. Reçu des semaines plus tard, avec
pochette et code barre, un album du nom de vertigone illumina
la grande interrogation et imposa l'évidente réponse, derrière
ce monument se cachait venus. Un venus débarrassé d'une partie
de son personnel, sans label, nouveau venus muant comme mercury
rev, les flaming lips ou les hurleurs chez nous on pu muer,
se recouvrant d'une nouvelle peau flamboyante et gracieuse,
énergique et reposée. Cette réponse ne changeait en rien le
jugement précédent. On retrouve la même aptitude que radiohead
à partir de l'acoustique dans une atmosphère brumeuse (million
miles away) pour arriver à des refrains lumineux.. Mais surtout
on retrouve dans ce disque le même sentiment qu'un des monuments
oublié des 90's, celui de la plénitude du laid de James (le
chanteur a d'ailleurs de troublante similitude vocale avec
tim booth notamment sur un navajo dreams dans une nuit chez
16 horsepower). Fardé d'autant de références venus aurait
pu avoir du plomb dans l'aile alors qu'une chorale sur running
at full speed chante je suis à pleine vitesse quand je tombe.
Vitesse ou lourdeur, rien des deux, venus survole le paysage
musical avec majesté et légèreté, pouvant juste redresser
la tête par fierté, celle de signer un des classique de cette
décennie naissante. A ne pas oublier.
Gerald
de oliveira
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