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Galvaudée l'expression
" la voix comme instrument de musique à part entière ". Trop
entendue dans la bouche des prima donna en carton de la variété
française ou dans les colonnes musique de Glamour. Et pourtant.
Pourtant, on s'approprierait bien une fois encore ce poncif
éculé ; il aiderait peut-être les amateurs de musique pas
comme les autres à revenir vers Windmill -Matthew Thomas Dillon
pour ses amis au rang desquels on aimerait compter- après
s'en être désintéressé par suite de trop de lectures mentionnant
l'exigence de sa voix étranglée. Impossible de la désolidariser
de cet ensemble musical dense, finement théâtrale et parfaitement
ébranlant que constitue son premier album, le génial Puddle
City Racing Lights. L'idée ne viendrait à personne de mettre
au pilon les disques de Daniel Johnston au motif que sans
doute " il ne chante pas juste " ou de moquer la doctrine
lo-fi de Guided By Voices. Soyons dogmatique, on n'abjure
pas la musique de Windmill à cause d'une voix supposément
nasillarde et affectée. Elle donne corps à ces ballades déchirantes
au piano, lointains échos à ce folk popisant et lacrimal des
70s. Elle boulverse, emporte et contraint à la soumission
aidée en cela par une batterie redoutable (Ian Smith, autrefois
membre d'Alfie) et des cordes orageuses ou matoises. Après
quelques années à l'école du bricolage indie des 90s, Windmill
se voit offrir les moyens d'une grandiloquence musicale exempte
de dissimulation (Tom Knott des Earlies co-produit -intelligemment-
l'album). "Un piano, une batterie qui sonne et ma propre manière
de dire les choses, différemment ; c'est ça Windmill pour
moi." déclare Dillon. Tout est dit, Eddy.
Benjamin
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