13 juillet 2025 / Grand petit plaisir coupable que le premier album du désormais quintet Wet Leg, fondé en 2019 – entre projets musicaux infructueux et jobs alimentaires – par les espiègles Rhian Teasdale et Hester Chambers, qui en profitaient pour placer l’île de Wight (paysages de carte postale, clubs nautiques, festival légendaire) sur la map de la coolitude tongue-in-cheek : comment résister à une scie telle que Chaise Longue ? Deux Grammy Awards, une tournée mondiale en ouverture de Harry Styles (brrr) et un changement de look plus tard (Rhian est passée de Jane Austen à Ziggy Stardust – j’adore), les Anglaises reviennent avec un opus dans la lignée de l’inaugural Wet Leg (2022), enquillant avec flegme les bubble songs pop punk aux arrangements astucieux et décomplexés. Produit par l’omniprésent Dan Carey, dont on reconnaît sans peine la patte (son mat, basses rondes, électricité feutrée), Moisturizer se fait – à l’instar de son prédécesseur – l’éloge du gimmick. Parti pris à double tranchant : gagnant quand la mélodie est au rendez-vous, perdant quand il s’agit de combler lacunes harmoniques et manque d’inspiration. Si d’emblée le mood Britpop de CPR (pas pour rien que la chanson est sortie en single), le pixisien Liquidize (guitare folk jouée en aller + batterie métronomique + chant posé sur les temps) et le post-punk Catch These Fists convainquent, le groupe semble avoir égaré en chemin fraîcheur et spontanéité, enchaînant compositions enlevées et néanmoins anecdotiques (le poussif Jennifer’s Body – inutile de s’attarder sur la référence au film surcoté de Karyn Kusama), mignonnes mais ennuyeuses (la ballade solaire Davina McCall), aventureuses et cependant cringe (Pokemon – je ne trouve pas mes mots pour qualifier cette horreur : électro suave ?). L’on notera ici et là des emprunts au shoegaze, qui sauveront la sucrée Don’t Speak, mais l’ensemble – heureusement court – est un tunnel duquel rien ne ressort, hormis un chroniqueur soulagé que Moisturizer se termine : soupirs.