13 juillet 2025 / Impossible de résumer l’œuvre du compositeur niçois Francis Lai, décédé en 2019, sauf à énumérer la liste (interminable) des artistes avec qui il a collaboré (Édith Piaf, Marie Laforêt, Françoise Hardy, etc.) et les films qu’il a enluminés d’arrangements mémorables, dont le fameux Love Story, qui lui valut en 1971 un Oscar : quand j’étais enfant, mes grands-parents paternels parfois fredonnaient un air tiré du Un homme et une Femme de Claude Lelouch. Qui que vous soyez et peu importe votre âge, vous avez forcément entendu - à un moment ou un autre de votre vie - un air écrit par Francis Lai. Mus par le désir de faire vivre un patrimoine à la portée internationale (Engelbert Humperdinck, Ella Fitzgerald et Elton John ont interprété ses chansons), Frédéric Lai et Thierry Wolf ont sollicité un certain nombre d’acteurs de la scène électronique hexagonale, tels que Marc Collin (Nouvelle Vague), Kid Loco et DJ Cam. En ressort une collection de remixes passionnants, à l’instar de l’intemporel Concerto Pour La Fin d’Un Amour, davidbowié avec brio par Play Paul aka Ryskee – intense, poignant, magistral. Plus loin, Marc Collin, éminemment doué pour mettre en relief le vintage et accompagné de Milo McMullen, fait des merveilles sur la ballade électro L’Amour d’Aimer, tandis que Philippe Cohen Solal se la joue jazzy lounge sur Plus Fort Que Nous, ambiance feutrée, on se croirait chez Garden With Lips, et que Alex Revox Jr transmute L’Aventure, c’est l’Aventure en trip hop funky cosmique digne d’Isaac Hayes : la suite est au diapason, entre exotica, lounge et easy listening. Exercice de style(s) tout autant qu’hommage aventureux, Play It Like Francis est franchement revigorant – invoquant nos mémoires cinéphiles, cet album distille bon goût à la française, modernité surannée et digressions néanmoins respectueuses de l’œuvre originelle, mettant en exergue un principe tout bête, dont Francis Lai était un de nos grands thuriféraires : une bonne mélodie est intemporelle. Dont acte.