3 août 2025 / Grande émotion en démarrant la lecture de cet album, le dernier, du désormais mythique groupe Comet Gain. C’est en effet leur album Réalistes (2002) qui a bercé les débuts de l’âge adulte de nombres d’entre nous - quinqua nostalgiques. Avec « The Ballad of the Lives We Led » (track.1) je me trouve personnellement dans un film dont le climax serait le suivant : moi et mes besties de l’époque on danse, en larmes, dans un Pop-In intact, gardé dans son jus (suivent qui peuvent) car non, nous n’avons plus nos tignasses brunes ni nos fesses rebondies mais qu’est-ce-qu’on a profité ! Qu’est-ce-qu’on a ri !
Et c’est peut-être ce que nous racontent les douze titres de ces Letters to Ordinary Outsiders : rien n’a - vraiment - changé depuis Réalistes.
Le monde est toujours aussi merdique - voire davantage - les paysages que l’on souille nous manqueront toujours autant - mais on a découvert plein de nouveaux depuis - et Comet Gain est ce groupe sincère qui, lui, n’a pas, mais alors pas du tout l’intention de tricher avec la réalité. Les voix-off ponctuent toujours certains morceaux, ajoutant un brin de familiarité avec nos vieux copains, les refrains, les ponts, tout ressemble à du Comet Gain. Sans pour autant répéter les albums précédents, le groupe nous secoue les puces comme s’il ne fallait pas qu’on oublie de quoi il était capable - et nous avec. Ça fait un drôle de truc… « Yeah, I Know It’s a Wonderful Life But There’s Always Further You Can Fall ». Aïe ! Pourquoi ?
À peu de choses près : une douce voix à l’accent britannique inimitable et un coup de glockenspiel plus loin (fans de Camera Obscura, si vous ne connaissiez pas Comet Gain vous allez kiffer) on comprend qu’eux aussi sont au courant : parfois c’est dur, oui, et tu peux en baver très, très longtemps, ne t’attends pas à ce que ça s’arrange, parfois ça peut traîner en longueur ce truc-là, oui mais quel truc au juste ? Comet Gain ou une collision de photons pop avec cette comète qu’on appelle la vie.