3 septembre 2025 / Un regard égaré dans la lumière crue de l’été aurait pu croire que la musique d’Ellah A. Thaun était une affaire de surface. Une sculpture baroque, sombre mais colorée, peut-être destinée à une consommation aisée.
Mais en s’approchant, on découvre une vérité plus troublante, une bouche béante remplie de secrets, un chaos ordonné de canettes et de bouteilles vides, chacune portant le fantôme d’une fête passée.
C’est là la beauté de « Seminal Record », une œuvre qui, sous ses airs de pop excentrique et furieuse, dissimule les cicatrices et les reliques d’une âme tourmentée, héritière d’une lignée de poètes maudits et de prophètes débraillés.
Ce n’est pas un album pour les cœurs faibles, non, mais pour ceux qui ont l’audace de regarder dans le miroir de l’étrangeté. « Seminal Record » est un pont entre deux mondes : il combine sans précaution la pesanteur des Swans et la lumière des Beach Boys, une oscillation constante entre la terre et le ciel.
Et dans ce chaos, comme dans une gueule ouverte sur le vide, se cachait une beauté d’une sincérité désarmante.