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Il y a quelques mois, les Nantais de Super Apes – maison mère de Vania de Bie-Vernet, Jorge Bernstein & The Pioupioufuckers, The Odd Bods et tant d’autres (le label a fêté en 2024 ses vingt ans d’existence) – m’ont adressé un colis rempli de chouettes galettes : si une bonne partie d’entre elles furent chroniquées en ces pages, je vais profiter d’un été traditionnellement calme en termes de sorties pour évoquer les disques à côté desquels nous étions passés, à commencer par Démissionnaire, EP de Piero (aka Peter Woowind) publié en 2004 et faisant suite au maxi Malséance, édité fin 1999 par les Rennais de feu Labellule (Kim, Manson, la compilation Ici Rennes Via Nantes). S’éloignant de la ligne claire folk pop du très attachant Malséance (entre Savel, Young Marble Giants et The Feelies), les trois compositions de Démissionnaire paraissent plus frontales, même si la bossa nova bancale dandy de L’Anonymat – chant flûté et final boîte à jouets – n’en oublie pas mélodie, groove, harmonie. En effet, le lofi-noisy Disposition Démissionnaire – mélopée désabusée rappelant le Diabologum des débuts, avant la canonisation et la disparition du second degré – lorgne ouvertement vers le hardcore et la noise, ne s’épargnant pas un bien ludique solo de guitare électrique au mood Dinosaur Jr et un climax psychédélique à souhait, tandis que la ballade crépusculaire Gastéropode, oscillant de Slint à Smog, nous offre une conclusion dantesque ; c’est avec l’art et la manière que Piero conjugue amour de la pop en français et goût pour l’expérimentation, posant à l’époque la première pierre d’un label défricheur résolument recommandable et désormais inamovible dans le paysage underground hexagonal.




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