2 septembre 2025 / Bagarreur. Pas pour rien que l’intitulé du premier album des Brestois de Donkey Saplot fait référence à un art martial thaïlandais, le krabi krabong (กระบี่-กระบอง) : on poursuit la revue estivale du catalogue de Super Apes Label avec Krabi-Krabong Blues, une orgie garage blues batcave et psychobilly publiée en 2016, soit sept compositions fiévreuses (dont une reprise jouissive, tous chœurs en avant, du All Night Long de David « Junior » Kimbrough) martelées tambour battant par un trio aux inspirations vénérables (Howlin’Wolf, T. Model Ford), qui jamais ne relâche son emprise. Du rollin’ rugueux Bad Tempered Man au tellurique Self Pitying Bastard Blues et son final drone, le trio empile les riffs crasseux et les déflagrations rythmiques, rappelant The Birthday Party (Headsmash Blues, habité, voire hanté) et The Cramps (Up My Arse, un chouia surf, jubilatoire). Il faut dire que Jean (alias Donkey Saplot), Régis (aka Hans « Tenderfoot » Müller) et Laurent (Virgile « Cougar » Thomson) ne sont pas nés de la dernière pluie (de boue), les deux derniers ayant été membres – avec Rotor Jambreks (feu The Craftmen Club) – de Potemkin’73. Gros point fort, le travail sur les voix, notamment quand le trio harmonise, décuplant l’énergie de chansons irrésistibles, portées par le chant écorché baryton blues de Jean. En 2019, changement de line-up et de nom (Saplot) – depuis, plus de nouvelles. Reste ce disque super bien fichu, court et néanmoins intense, que l’on rangera aux côtés de ceux des Finistériens Howlin’ Grassman Vs Stompin’ Bigfoot.