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C’est durant un séjour à Pattaya, dans une échoppe aux abords de Walking Street, qu’en été 2015 Peter Woodwind et son comparse Vania De Bie-Vernet, piliers du label nantais Super Apes, tombèrent sur la VHS de The Night Of The Zombie Slashers, réalisé par un certain Giorgio Fulciva, dont ils n’avaient jamais entendu parler : une fois rentrés à l’hôtel, qui par chance disposait d’un magnétoscope (ainsi que d’un caméscope, allez savoir pourquoi…), ce fut pour Vania et Peter un choc esthétique, visuel tout autant que musical. Faisant fi d’un scénario grotesque entremêlant jeunes écervelées légèrement vêtues et giclées d’hémoglobine (trois couples d’amis probablement échangistes accostent une île tropicale où vivent des cannibales fétichistes des pieds et, tentant de leur échapper, ils découvrent au milieu de la forêt une version ravagée de Berlin-du-futur, infestée de zombies guidés par un type à moustache assis sur une bombe nucléaire, ça finit mal, bref.), Giorgio Fulciva se lance dans une orgie de plans foutraques au cadrage approximatif, renforçant l’illusion que tout est réel – parti-pris novateur à une époque (1984) où le found footage était balbutiant –, mais ce qui retint l’attention de nos deux touristes, c’était la bande-son, improbable cocktail (sanglant) entre John Carpenter, giallo et hard-rock FM, préfigurant ainsi The Bloody Beetroots, The Voidz ou encore Carpenter Brut. Contrairement à des compositeurs tels que Stelvio Ciprian, Fabio Frizzi et autres Goblin (le Zombie de George Romero, mythique), le visionnaire Piero Vernetti avait totalement disparu des radars : son nom n’apparaissant nulle part ailleurs que dans les crédits du générique de The Night Of The Zombie Slashers, il était loisible de penser qu’il s’agissait d’un pseudonyme, utilisé par un artiste soucieux de ne pas voir sa réputation entachée, à l’instar d’Ennio Morricone qui – sous alias – avait illustré certains films de Joe D’Amato, ou d’Alexandre Desplat œuvrant pour Marc Dorcel. De retour à Nantes, excité à l’idée d’épater ses amis (« Je suis le roi des diggers !!! »), Peter a voulu leur montrer The Night Of The Zombie Slashers. Pas de chance, la cassette glissée dans le boîtier n’était pas la bonne. Au-delà du malaise occasionné par le visionnage de ce qui ne devait pas être montré (ce qui se passe à Pattaya reste à Pattaya), il y avait la tristesse de savoir que cette bande-son géniale, on n’allait plus jamais l’entendre. Alors, un soir d’automne, Vania et Peter décidèrent de reconstituer – de mémoire – la musique qu’ils avaient tant appréciée, puis de la sortir – en décembre 2015 – sur Super Apes : quelle ne fut pas leur surprise de se voir contactés par Piero Vernetti en personne, le vieil homme les remerciant d’avoir ravivé de bien belles années, durant lesquelles on savait s’amuser voyez-vous aucune entrave aucune limite, d’ailleurs disposez-vous toujours de la VHS, ça me ferait très plaisir de la visionner. Se voyant répondre par Peter que la cassette était perdue mais que le film méritait de faire l’objet d’un remake, le vieillard pris une longue inspiration avant de préciser, d’une voix sourde, qu’à son avis il était difficile de reproduire à l’identique un snuff movie.




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