7 septembre 2025 / Fil (hautement) conducteur. Pas pour rien que, parmi les guests du nouvel et sixième album d’Imperial Triumphant, l’on retrouve l’illustre Dave Lombardo, cofondateur de Slayer également aux fûts derrière Suicidal Tendencies, Fantômas et autres Mr. Bungle : c’est à escient qu’en creux j’évoque l’éclectique Mike Patton, tant le trio new-yorkais mené par Zachary Ezrin (guitare, chant), à partir d’une solide base metal teintée de death, de black et de fusion, broie, concasse, dissèque et digère les registres électriques, en une moisson sonique à la lisière de l’avant-garde, allant jusqu’à ludiquement (sur le génial Hotel Sphinx) triturer la fameuse Sarabande d’Haendel (ah, Barry Lydon, que j’aime ce film !!!) (le roman de Thackeray est tout aussi bon et désabusé) ou composer un jingle publicitaire imaginaire digne de Fallout : New Vegas (« Try new, Goldstar, buy new, Goldstar, when the world is falling, just listen to the calling… »). Sur scène, inspirés par une esthétique art déco rétrofuturiste (confère le visuel de Goldstar), Zachary et ses acolytes – le bassiste Steve Blanco et le batteur Kenny Grohowski – se cachent sous de longs drapés noirs et des masques aux effigies d’Apollon, Hécate et Baal : spectacle total qu’Imperial Triumphant, dont les compositions sinueuses – si l’on accepte de perdre le contrôle et de faire fi d’une théâtralité premier degré – se laissent parcourir avec un plaisir renouvelé, d’autant plus quand Thomas Haake (Meshuggah) et Yoshiko Ohara (Bloody Panda) ajoutent leur grain de sel vocal. Mention spéciale au conclusif Industry of Misery, dantesque et magnifié par des motifs de guitare slowcore. Une manière de rappeler que Goldstar n’est jamais meilleur que lorsqu’il digresse et transcende le metal originel : pas besoin de piocher, l’enrobage (production brute signée Colin Marston) a tout autant de valeur que le cœur sombre d’un album souvent passionnant.