9 septembre 2025 / Super Apes, revue estivale, suite. En octobre 2014, prêtant sa plume à ADA, ce cher Yan Kouton s’extasiait sur Repeat and Variate : « Musique dévorante, aspirante, inspirante, traversée d’oscillations, perlée d’algorithmes. Quelque part entre Autechre et Battles […] Un tableau de Pollock qui soudainement s’animerait… » Surprise (ou pas), derrière l’avatar Bachbullbyrd (référence lettrée : un disque de Gustav Leonhardt, qui voit le claveciniste néerlandais interpréter au claviorganum des œuvres de Johann Christoph Bach, John Bull et William Byrd), l’on trouve le prolifique Vania De-Bie Vernet, inamovible cheville ouvrière du label nantais. Fort d’une poignée d’albums hautement recommandables (Musique de Mer, 2012 ; Space Sport, 2013 ; Never Be The Brightest Person In A Room, 2013), Vania nous offrait – deux ans plus tard – un The Birthday Paradox kaléidoscopique dont les douze compositions, une heure durant, oscillent entre frontalité atmosphérique et minimalisme cyberpunk, puisant ses racines chez Aphex Twin tout autant que chez Ed Banger (Fertile Anomaly) et LCD Soundsystem (Swirling Stuff). Tour à tour fins et sinueux, oppressants, groovy ou aériens, les instrumentaux concoctés par Bachbullbyrd s’avèrent néanmoins, travail des textures à l’appui, particulièrement homogènes – au cœur de The Birthday Paradox, nos nuits. Solitaires, intimes, passées sur la route ou à danser triste, à vous de décider, ou de vous laisser porter.