10 septembre 2025 / Revue estivale des troupes Super Apes, suite. Ne vous fiez pas à la pochette acidulée de cet album publié en décembre 2016 : les dix instrumentaux de Fresh Start sont bien plus rêveurs et mélancoliques que supposés par le visuel rétrofuturiste concocté par Vania De Bie-Vernet. Dans une veine mélodique bleutée à la lisière de l’abstraction – ascendant Mo’ Wax, quelques touches de Craig Armstrong sur Swarm Piano, le producteur parisien tisse des narrations imaginaires à la saveur cinématographique particulière, entre Vangelis (le trip-hop mutant de Warm-Up Behind Us), John Carpenter (Slot Points, minimalisme dark très Escape From New York) et Badalamenti (l’ambiance nocturne de Call Local). Vania n’en oublie pas son sens du groove (le cold funk de Negligible Dance Position ; le kick cotonneux de Micro Luck), mais l’ensemble, épuré et homogène – la production, précise et aérée, va à l’essentiel –, dessine une cartographie musicale fantasmagorique des eighties, où sans snobisme l’on traverse des œuvres telles The Karate Kid, Tango & Cash ou encore Miami Vice. À l’écoute de Fresh Start, l’un des opus les plus accessibles de la riche discographie de son auteur (dire que cet album a presque dix ans, ça fait bizarre, mais il n’a pris aucune ride), l’esprit erre dans le vague et se raconte des histoires, dont Vania De Bie-Vernet est le bien talentueux scénariste.