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Deux ans après le plus-introspectif-qu-il-n-y-paraît Gelderlaand, Vania de Bie-Vernet revenait aux affaires avec un Unfinished Business à l’intitulé probablement espiègle quand on connaît le perfectionnisme décontracté du bonhomme, soit quatorze compositions teintées d’électro aventureuse, de jazz-funk expérimental, d’afrobeat et de psychédélisme kraut, scellant la rencontre improbable entre le pointillisme d’Autechre et le groove languide des films de la blaxploitation. Ouverture impeccable que ce Drum Memory and Punch Cards porté par un orgue et un motif répétitif de guitare filtrée, prélude au funk lounge Melodic Drive System et au jubilatoire Les Rapides ; on sent que Vania s’est ressourcé, sa vitalité est franchement communicative, même s’il n’en oublie pas les instrumentaux plus apaisés, tels que Tracées par nos usages (intrigantes sonorités world, dont un sitar trafiqué), le polar midtempo Word and Sorcery et le jazzy Conservation des espaces. Derrière des titres à la fois poétiques et cryptiques (Les erreurs et le silence des sens ; Le contexte existe), Vania semble glisser à notre attention des indices quant à sa manière de sculpter le son et de l’organiser / le désorganiser – invitation reçue, pour un Unfinished Business long en bouche, qui mérite que l’on s’y attarde et présage la teneur foisonnante des albums suivants.