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Super Apes, tournée estivale, suite (et pas fin). C’est parti pour une excursion électronique à Gelderlaand (un lien avec la province néerlandaise ?), dont le visuel épuré ne reflète en aucun cas le foisonnant contenu de cet album de Vania De Bie-Vernet paru en septembre 2017. Moins mélancolique que sur son opus précédent (Fresh Start, 2016), même si le mood bleu spleen n’est jamais loin, Vania nous convie à une croisière qui s’amuserait, mais dans l’espace : il y a du rétrofuturisme dans l’air, à l’instar de la ballade psychédélique Carissimi Lament, gorgée de mellotron, ou de Contredanse et ses lumineux synthétiseurs – l’on pense à Rob tout autant qu’au cinéma de genre des seventies, Spelunca (piano jazzy, basse funk) ravivant notre envie de moustache à la Charles Bronson. Entre l’introductif Sokoto – déluge de percussions math rock et glitch exotica, le marimba jusqu’à la transe – et High Life Low Building, Vania signe des compositions patientes (le minimaliste Hoog Soeren) ou échevelées (Tussale By Night, sommet de kraut psychédélique), tourmentées (Asante Thrill, quand basse et beat s’entremêlent au point de ne plus savoir qui mène la danse) et apaisées (Cruising The Arcaibh), cartographie mentale aux nuances délicates, Gelderlaand se montrant tout sauf frontal – l’on devine en creux une période d’introspection qui se fait voyage puis disque, un très beau disque en clair obscur.