14 septembre 2025 / Ces dernières semaines, à l’écoute des récents albums de Ryan Davis & The Roadhouse Band, Teethe et Racing Mount Pleasant, je me suis demandé si nous n’assistions pas à une nouvelle mode en matière de production underground, où il s’agirait de saupoudrer de lounge des registres tels que le slowcore, le post-rock, le shoegaze et l’alt country. Partitions tirées au cordeau, arrangements soyeux au point d’en devenir lisses, motifs jazz-blues seventies, interminables ponts instrumentaux – la rébellion par l’édulcoration ? Entre spontanéité et sophistication, le second opus de Racing Mount Pleasant, combo michiganais formé à Ann Arbor en 2022, choisit de ne pas choisir et nous offre un disque aussi plaisant (le goût de l’aventure : on ne sait jamais où la prochaine mesure nous emportera) que frustrant (ras-le-bol de se faire trimballer d’un genre à l’autre). Prenez l’inaugural Your New Place : après une introduction feutrée de deux minutes, réchauffée par un chant délié, la batterie déboule et nous entraîne dans un post-rock jazzy, avant de virer prog folk théâtral à la Arcade Fire puis d’évoquer un Midlake qui aurait pété les plombs, se terminant sur un final héroïque à base de grosses percussions, de cordes aériennes et de cuivres clinquants – chanson monde, décousue, l’ambition, pourquoi pas, d’autant plus que la suite est au niveau, la mélopée Tenspeed (Shallows) et son lent crescendo, l’intermède folk Heavy Red, la ravissante ballade ternaire Emily et son emballante conclusion, il y a du Thomas Dybdahl dans l’air. Et justement, vous ne vous en souviendrez peut-être pas, mais Thomas Dybdahl, c’est un peu chiant : l’atmosphérique Seminary est jolie, mais monotone ; sur You, on se laisse charmer par le falsetto très Chris Garneau, mais les arrangement jazzy, c’est non ; le solo de saxophone à la fin de Call It Easy, cringe !!! Quand les chansons s’énervent, que tout le monde met la main à la pâte et au chant, le groupe mené par Sam DuBose rappelle Broken Social Scene et autres The Go ! Team, ça foisonne, ça déborde, ça frissonne, enfin l’on s’enthousiasme – mentions spéciales à Racing Mount Pleasant et la transe acoustique de Outlast – mais rapidement le disque retombe dans ses travers perfectionnistes, las. Un presque bon album : en cet exercice 2025 jusqu’ici fadasse, c’est pas si mal.