11 septembre 2025 / 2025 se termine dans quelques mois et – faute d’œuvres réellement marquantes – je sais par avance qu’en fin d’année je serai bien en peine, à moins d’un miracle, de distinguer ne serait-ce que vingt disques potables : certaines cuvées sont moins goûtues que d’autres, il en va du rock comme du vin, pour se bourrer la gueule, la piquette fera l’affaire. Dans ce contexte morose, le nouvel album de Teethe a toutes les chances de tirer son épingle du jeu, notamment grâce à trois pépites : le mini tube Magic Of The Sale (mélopée post-rock ascendant shoegaze, avec un petit côté malicieux à la The Flaming Lips), la rengaine électrifiée Holy Water (Weezer meets Grandaddy meets The Breeders) et le slowcore Iron Wine (la distorsion sur les ponts, un régal). Voie royale, donc, sauf que le quatuor texan préfère emprunter des chemins plus apaisés, creuser la lenteur et composer des ballades entre deux eaux – eau forte (Low), eau plate (Spain) –, assaisonnées d’arrangements country-folk et blues à mon humble avis trop sages. Les voix et les mélodies sont belles (on adore quand Madeline Dowd chante), la production soignée, certains pas-de-côté accrochent l’oreille (Push You Forever rappelle The Delgados, tandis que le groove bancal de Build & Crash évoque Pavement), mais – pas aidé par son immonde pochette – le trop long (14 titres !) Magic Of The Sale se dilue, la faute à certains morceaux sans direction artistique affirmée : plus court, plus ramassé, plus sale, l’album eut été meilleur, mais au vu de ses indéniables qualités (chaque écoute laisse apparaître de nouveaux détails), on ne fera pas la fine bouche. Et hop, direction mon bilan de fin d’année !