16 septembre 2025 / La nouvelle Ève, vieille rengaine positiviste ânonnée par les fanas du transhumanisme ; nom de groupe taquin, qui plus est appuyé par une pochette aux références monochromes (quatre jeunes femmes vêtues de blanc, assemblées autour d’un étendard valant programmatique incantation – renversement ironique de l’imagerie KKK) néanmoins vivaces (quatre fookin rockeuses prêtes à en découdre avec la terre entière –The New Eve Is Rising, le ton est donné). Formé à Brighton en 2021, le quatuor The New Eves ouvre son album inaugural avec la saisissante incantation post-punk The New Wave : batterie métronomique, basse linéaire, guitares électriques sourdes, scansion incandescente, sens de la retenue et quête de la mélodie entêtante, il y a du Electrelane dans l’air (ou dans la vase anglaise). Sauf que The New Eves fait fi du binaire : toutes voix et violons dehors, l’on se lance dans une mélopée psych-kraut-country absolument folle qui pourrait complexer les Violent Femmes ou DakhaBrakha – sommet. Il faut dire que niveau chant – velouté, graineux, mutin, aérien, caustique, fond de gorge, à bout de souffle – les nouvelles Èves assurent : barré mais beau comme du Dana Margolin, ou l’inverse. Les incultes compareront The New Eves avec The Last Dinner Party : rien à voir, tant The New Eve Is Rising – de bout en bout, rien à jeter – exsude la sincérité et, sur un titre tel que Mary, harmonica debout, tient la dragée haute à Arcade Fire. Foisonnement d’idées aventureuses et d’arrangements luxurieux, mais noyau sombre et rageur, nourri par The Velvet Underground, bombe sensible à retardement, quel inaliénable plaisir, que ne gâcheront pas les huit géniales minutes finales d’un Volcano qui porte bien son nom. Geoffrey Firmin, tu n’étais pas taillé pour de telles brûlures : moi, carrément, et donc je l’exprime sans fard – The New Eve Is Rising est le disque qui améliorera une année musicalement pauvre, gros gros coup de cœur.