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Pas prévu d’évoquer le nouvel opus de The Callous Daoboys, mais les chroniques flatteuses, mais l’intitulé anathémique (I Don’t Want to See You in Heaven), mais la pochette vintage Super 8, la curiosité l’a emporté, las. Formé à Atlanta en 2016, le septette mené par Carson “Big Animal” Pace (chant, synthétiseurs) et Maddie “El Perro” Caffrey (guitare) est un tacos. Un tacos musical, acheté la veille dans un boui-boui, tandis qu’ivre mort l’on rentrait chez soi après une soirée passée à supporter l’équipe des Cowboys de Dallas (me voyez-vous venir ? The Dallas Cowboys, The Callous Daoboys, anagramme à trois grammes), un tacos raplapla que l’on réchauffe à la poêle, parce que trop la dalle : craquant à l’extérieur (metalcore), gluant à l’intérieur (bouillie lounge), le tout assaisonné du pire du pire du pire des tics nu metal – registre honni que l’on devrait bannir de la planète rock, sauf si l’on possède des actions Vivelle Dop. Schéma récurrent : ça bastonne (roulements de batterie, riffs de guitare électrique, hurlements), ça se calme (épure groovy réverbérée, mélodies chantées), ça bastonne à nouveau, ça digresse (le petit côté mathcore auto-revendiqué par le groupe), ça re-bastonne, et ainsi de suite. Le goût pour l’arythmie, la rupture, la déconstruction, why not : mais quid des passages jazzy cheap à souhait (Schizophrenia Legacy), des sonorités crypto-mocho-latino (The Demon of Unreality Limping Like a Dog), des ponts dance cringe (Idiot Temptation Force) ? Et l’autotune sur Tears on Lambo Leather, on en parle ? Et les chœurs lourdingues, les couplets putassiers, les refrains grossièrement fédérateurs (Two-Headed Trout) ? À un moment donné, j’ai pensé que ce parti-pris – structures complexes versus facilités mainstream – était le fruit d’un esprit malicieux, utilisant la parodie pour mieux dénoncer un truc qui m’échappe. Mais non : Distracted by the Mona Lisa est de bout en bout une song popcore vouée à réchauffer stades, fêtes lycéennes et teen movies, tandis que – bâti sur une boucle de hip-hop à la DJ Shadow (du faux hip-hop, donc) – le moelleux Lemon est pour The Callous Daoboys l’équivalent de la ballade de hardos. Significatif non pas du répertoire du combo géorgien, mais d’une envie de prouver. Prouver quoi ? Je ne veux pas le savoir. The Callous Daoboys, The Call To Da Bous(e) Yo !




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