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Telle une locomotive vapeur lancée à l’aveugle, et à toute vitesse, dans le désert Mojave, l’album de Treponem Pal sorti demain (!) nous emmène jusqu’au bout d’un chemin délicieusement horrifique. Essoufflés dans le compartiment du train fantôme World Citizens, nous tombons de nos banquettes trempés de sueur et assoiffés de pichets de bière mexicaine. Les salauds ! Tout semble chronométré et parfaitement maîtrisé : tempo implacable, percussions démentes, batterie tyrannique, guitares malicieuses, voix autoritaire. On est remis dans le droit chemin du « tréponème pâle » - gène responsable de la syphilis chez l’homme. Les Martyrs (Marco Neves), Hoax (Laurent B.), Fast Forward, Micropoint (Didier Serbourdin), Collapse (Amadou Sall), Lab° (Goran Juresic), Mass Hysteria (Ferguson), autant de personnes et de groupes qui ont précédé la formation constituée d’aujourd’hui cinq membres.

Davantage musique industrielle que heavy metal, le punk hardcore de Treponem Pal a muté vers du death pesant made in 2025 avec World Citizens le bien-nommé. Normal. En 1989, Treponem Pal devenait le premier groupe français à être signé sur Roadrunner Records - label hollandais. Treponem Pal est en effet le « premier représentant français de son industriel » (merci Wikipedia). En 1989, ils publient leur premier album studio. Nous voici à l’aube d’une ère nouvelle pour le groupe, où metal et électronique croisent accords malfaisants et solos trad : tant mieux. World Citizens fraye avec tout ça à la fois, c’est un album bien achalandé (seize titres quand même !), Treponem Pal n’ayant rien perdu en chemin, ni wah-wah ni réverbe. Leur train est lancé à toute allure, on ne pourra pas y échapper : le pavillon à tête de mort est hissé sur la locomotive, y a qu’à se laisser aller sur les rails de l’enfer.




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