19 septembre 2025 / Formé en 1995 sur les bancs du lycée à Rambouillet, Debout Sur Le Zinc est une figure historique de la nouvelle scène française, qui – de Louise Attaque à La Tordue, en passant par Tryo et Les Têtes Raides – conjugue amour pour la langue de Molière (le groupe publiera en 2019 un album hommage à Boris Vian), registres folkloriques et sonorités world : il en va ainsi de leur onzième opus, Mémoire Électrique, dont le riche instrumentarium nous entraîne sur les rives du Mississippi, dans les Balkans, en Jamaïque ou sous le soleil des Caraïbes. De Vois Comme Je Suis, blues cajun dont la tension chorale évoque Saez tout autant que Woven Hand, à Ce Que Tu Es, cavalcade country samba et son final bouillonnant – cuivres et cordes – rappelant Bell Orchestre ; du reggae klezmer Je Ne Manque Pas De Cœur à la délicate ballade Les Souvenirs (mood sensible que ne renierait pas Raphaël) ; du funky L’Espoir au zouk de Rayone (référence à l’un des personnages de Dallas Buyers Club, interprété par Jared Leto), c’est un beau voyage qui nous attend. Mentions spéciales à la complainte country Ferme Les Yeux, toute d’arpèges, de bourdons, de violons et de chœurs entraînants, ainsi qu’au lancinant Comme Si, qui – par sa forme épurée (guitares pointillistes, cordes pincées, réverbération rêveuse) et sa retenue vibrante – fait penser à Dominique A. Aucun signe d’essoufflement chez Debout Sur Le Zinc, à l’image des textes de Simon Mimoun et Romain Sassigneux : lucides, poétiques, mélancoliques mais jamais pessimistes – l’avenir est radieux.