27 septembre 2025 / « C’est d’une beauté absolue ». Tels sont les mots par lesquels Bernard Grancher d’ Astra Solaria Recordings nous présente cet album de Future Children. Le temps d’un téléchargement et huit jours plus tard, pourtant pressée d’écouter ce bijou, nous voici d’accord (une fois de plus !) avec le grand chef du label rouennais. Il ose tout, ses artistes aussi. Le premier titre (maelström de fieldrecordings, chants d’oiseaux à l’appui, plein de claviers, de la révèrbe, de douces voix pleines d’échos forestiers), le deuxième, le troisième également (quelques vocodeurs), ne sont pas sans rappeler Ich Liebe Love.
Prenons garde aux raccourcis cependant, on est ici influencé par Air autant que par Stereolab. C’est du lourd ! Piste quatre : ça continue, on est totalement bluffé. C’est complètement dingue. Revenons au début… C’est qui déjà ? Ah oui, les Future Children… Justement, on croirait qu’ils sont plein de groupes, que c’est une compile.
Vérification auprès du titre de l’album : « disorganized... ». Désorganisé, ce body of works ? Vraiment ? Sans doute. Mais quelle liberté de ton, quel psychédélisme ! Les instrus sur « Discothèque Manzarine » ne nous le font que trop bien sentir : on nage en pleines sixties (interprétation aussitôt démentie par la piste suivante, un « Catalog Of Lost Things ». C’est une ballade. Ah non, french touch en fait. Ah ben… Non, non plus. Après quelques minutes nous voici comme remis sur les rails d’un titre des Palace Brothers.
Vraiment, les Future Children sont surprenants et inclassables. Relisons ce que nous a transmis Bernard Grancher : « C’est d’une beauté absolue. C’est aussi et surtout un concept-album qui raconte l’histoire de Mme X., une patiente du docteur Jules COTARD qui déclarait n’avoir aucun organe interne. L’ histoire de la folie. » Et si certains échos évoquent la musique de Vincent Gallo, c’est que cet album est cinématographique on vous dit.
On comprend mieux l’éclatement des pistes et les influences nombreuses, et cette qualité de son inouïe, car ces Future Children ne sont autres que Kevin Coral et CC Sheehan, c’est-à-dire des musiciens autant que des ingé-son. Coral a enregistré, produit et/ou mixé April March aussi bien que Tahiti 80. Tiens tiens… Sheehan, la moitié des Future Children, a joué des claviers et des guitares pour Witch Hazel Sound et sur scène pour Doug Guillard (Nada Surf, Guided by Voices). Gros fans d’analogique, pour sûr.
Déconstruire cette bande originale (oui, j’aimerais voir des images !) serait inutile aussi bien que transgressif. Les vingt-sept pistes vous emmèneront loin, aussi loin que l’imaginaire contenu dans l’histoire racontée au travers de leur musique.