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Tirant son nom des hauteurs du plateau ardéchois, le troisième album du discret François Puyalto, accompagnateur d’Emily Loizeau et moitié – avec Laure Slabiak (Blaubird) – du projet Tyger Tyger (musique baroque, arrangée pour voix et basse électrique), puise ses racines dans la chanson française de qualité, tout autant que dans un universalisme musical de bon aloi. Ainsi l’inaugurale ballade Trains, toute de guitare folk et de piano, évoquant Georges Brassens et Barbara, ainsi le jazz blues pointilliste Big Flaque (recto Arthur H, verso Tom Waits), ainsi Juste Une Histoire qui, avec son banjo, nous ramène sur les rives du Mississippi. Coréalisées par le prolifique Antoine Sahler, les onze compositions de Malrevert se voient adjoindre des arrangements particulièrement soignés : quatuor à cordes, clarinettes, palmas, flûte – l’instrumentarium de François Puyalto nous transporte, en un long voyage ubique, vers des contrées mémorielles (la pérégrination classieuse Rue De Belleville) ou exotiques (un petit quelque chose de réunionnais sur la rengaine jazzy Où Tu Veux, qui rappelle la décontraction nomade de Bernard Lavilliers). Malrevert, c’est également l’art du contraste – aux arrangements millimétrés s’ajoutent des rythmiques bricolées à partir de peaux de banjo, de cajon et de bois de contrebasse ; en témoignent l’espiègle Lutte Des Classes, ainsi que la comptine a cappella Everest et son finish de fanfare. Et, à mi-chemin de tout, la beauté. Celle de la complainte J’oublie, piano réverbéré, poétique et planante, merveille de douceur, à l’image de son auteur. Belle découverte.




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