21 novembre 2025 / Le chemin de la liberté. Formé à Wurtzbourg en 2009 par le chanteur guitariste Nikita Kamprad, le quatuor Der Weg Einer Freiheit publie sur le label franco-américain Season of Mist (internationale metal, nous voilà !) un sixième album particulièrement abouti qui, sans s’éparpiller (un des défauts du genre), nous offre un certain nombre de sommets, à commencer par le magnifique Marter : après une introduction dantesque, le groupe monte en puissance, puisant dans le black metal, la noise et le post-rock pour tisser un mur du son émotionnel au lyrisme totalement assumé, les guitares électriques déchirent la brume - le chaos, la beauté, et même un pont mélodieux, tout est parfaitement dosé. Dans la langue de Goethe, Nikita hurle, chante, alterne les deux, et quand il se tait, c’est pour faire place à la musique, ample et néanmoins naturaliste, comme sur le court intermède instrumental Finisterre III, qui voit un piano lentement se noyer dans le brouillard réverbéré. Ici des guitares folk arpégées, là du violon synthétique (l’excellent Forlorn, chanté en anglais, glissant du post-punk shoegaze vers le blackgaze), quelques tentatives symphoniques (le metalcore Eos), les Bavarois savent où ils vont. Ainsi, batterie échevelée en avant, Xibalba (selon les Mayas, il s’agit du monde souterrain dirigé par les dieux de la mort et de la maladie) fusionne beauté pure (claviers atmosphériques, distorsions mélodiques) et brouhaha, en une onde majestueuse, hantée par des chœurs lointains ; dans la profondeur de la lumière sombre, tout se rejoint, jusqu’à la quiétude. Magistral.