21 novembre 2025 / AQuelle tannée que cet interminable Una Lunghissima Ombra ! L’Enfer compte désormais dix-sept cercles, se parcourt en quatre-vingts minutes, et son gardien s’appelle Andrea Laszlo De Simone. Auréolé d’un César pour la bande-son du film Le Règne Animal, le flegmatique Turinois s’est lancé – du fond de son home-studio – dans un tunnel d’instrumentaux dispensables, de ballades Royal Canin et de mélopées dégoulinantes d’arrangements sirupeux – non, superposer des harmonies n’est pas composer. Néanmoins, l’introductif Il Buio (fanfare chaotique perdue dans la brume, long bourdon vocal, cuivre grinçants, l’on se croirait en route vers l’Île des Morts – confère Arnold Böcklin), puis l’ample et luxueux slow sensible Ricordo Tattile, malgré une touche Herta (benoîtement, l’on se laissera séduire – il y a que nous avons le cœur simple), nous mettent dans d’excellentes dispositions. On se dit qu’un massage easy listening, ça ne peut pas faire de mal, même si ça sonne chic et toc. Un inutile court intermède drone plus tard (Neon), le train s’emballe : un jangly La Notte entre Coldplay et Manu Chao, du lyrisme prog paresseux (Colpevole), un orchestre de balloche (Quando), un trip Burt Bacharach (Aspetterò), de la monotonie (le virevoltant Per Te épuise à force de tourner autour de la même courte boucle d’accords), je commence à perdre patience, d’autant plus que la suite du troisième album d’Andrea Laszlo De Simone se (me) perd en chemin. Tentative vaporeuse à la Portishead (Pienamente), abominable mood jazzy (le final de Planando Sui Raggi Del Sole), remplissage (Spiragli), électronique cheap (Quello Che Ero Una Volta), encore du remplissage (Rifrazione), j’abdique, tant pis pour l’épique Non è Reale et son beat electro kraut. Ne nous acharnons pas. Le disque ayant été unanimement louangé par la critique, à me montrer trop saignant, je perds en crédibilité, aussi me contenterai-je d’expliquer mon désappointement par l’absence de mélodies ne serait-ce qu’intéressantes, et le travail pauvre sur les cordes, qui sonnent affreusement et paraissent peu écrites, au point de n’être que remplissage. On en revient donc au point de départ : empiler, y compris les cercles de l’Enfer, n’est pas jouer. Divina (pas) Commedia.