16 décembre 2025 / À la grande époque des chemises à carreaux, des cheveux sales, des jeans (achetés – so rebel) troués et des Converse pourries, Superchunk from Chapel Hill (Caroline du Nord), c’était un peu la seconde division du rock ricain – fins compositeurs mais pas de tubes, bruyants mais pas grunge (registre fourre-tout dans lequel Wikipedia va jusqu’à inclure Noir Désir, argh), pas vendeurs mais fondateurs du label Merge (Destroyer, Radar Bros, …And You Will Know Us by the Trail of Dead, catalogue pointu), les Superchunk ont - malgré quelques avanies et changements de line up - traversé les décennies, jusqu’à nous offrir, avec leur treizième opus, une leçon de power pop vitaminée hautement addictive, dont la folle énergie harmonique évoque The Undertones (chant étranglé + production à l’os) tout autant que The Posies (candide générosité). En effet, Songs in the Key of Yikes est une orgie de mélodies grisantes, de distorsions crues empilées tels des mille-feuilles soniques, de solos aussi décontractés que Jay Mascis et de rythmiques basiques néanmoins souples – toutes proportions gardées, l’on pense au dernier Nada Surf : formé trois plus tard que le groupe mené par Mac McCaughan et Laura Ballance, il partage avec Superchunk (Chunk étant le surnom originel du batteur) une juvénilité à même de faire rougir les Th Da Freak et autres apôtres hexagonaux du combo six-cordes / cheveux (violets) crados. Bain de jouvence, livré avec du savon (pour les oreilles).